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Hello, je suis Campanita. Juste un petit blog pour partager mes petits gribouillages ainsi que mes impressions sur le monde...

***

Vous pouvez emprunter les images de mes peintures et dessins, mais veuillez me créditer si vous le faites.


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Voyons ce qui se raconte dans la jouebosphère...

Word of God

"I'm a geek. I'm a writer. I spent all of my time in my childhood obsessing about Sherlock Holmes and Doctor Who. I was alone, I was an outsider — what do you expect? I was that bullied kid at the back of the class weeping for loneliness. I don't think, generally speaking, people become writers because they were the really good, really cool, attractive kid in class. I'll be honest. This is our revenge for people who were much better looking and more popular than us. I was a bit like that, I suppose."

Steven Moffat

"De longues recherches m'ont menée à ce constat. : l'aliment théologal, c'est le chocolat. Je pourrais multiplier les preuves scientifiques, à commencer par la théobromine, qu'il est seul à contenir et dont l'étymologie est criante. Mais j'aurais un peu l'impression d'insulter le chocolat. Sa divinité me semble précéder les apologétiques. Ne suffit-il pas d'avoir en bouche du très bon chocolat non seulement pour croire en Dieu, mais aussi pour se sentir en sa présence ? Dieu, ce n'est pas le chocolat, c'est la rencontre entre le chocolat et un palais capable de l'apprécier."

Amélie Nothomb in Biographie de la faim


Soif
--> l'évangile apocryphe selon Sainte-Nothomb

Je me rappelle, que dans Stupeur et tremblements, Amélie avait dit :

« Récapitulons, petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. J’eus rapidement conscience de mon excès d’ambition et acceptai de faire martyre quand je serais grande. Adulte, je me résolus à être moins mégalomane... »

Une de mes citations préférées au passage.

Eh, bien, je ne sais pas si elle est parvenue à être Jésus, mais en tous cas elle lui a permis de s’exprimer à travers sa plume. Ce n’est ni plus ni moins que la Passion du Christ (depuis le procès jusqu’à la résurrection) qui est narrée dans Soif, du point de vue du principal concerné. Y’a pas à dire, elle frappe fort cette année ! J’en vois d’ici certains crier au blasphème, surtout qu’elle n’hésite pas à commettre quelques « hérésies » du style :

- canoniser la relation Jésus/Marie-Madeleine (non mais qu’elle shippeuse en fait !), même qu’il lui mettait régulièrement le cierge dans le calice (je dis ça juste pour faire des analogies douteuses mais rigolotes, venez pas imaginer qu’il y a du cul à toutes les pages non plus)

- remettre en question la pertinence de certains épisodes via l’autocritique du narrateur (ce pauvre figuier qui n’avait rien fait de mal...enfin bon moi j’aime pas les figues, je trouve ça dégueu)

- adresser de petites piques aux évangélistes (« Jean, franchement, je t’aime bien, mais j’ai jamais dit tel truc, hein ! », évidemment, elle l’exprime plus finement que moi)

Mais ça, c’est en surface. En vrai, tout cela est un prétexte pour se lancer dans une longue réflexion sur ce que signifie avoir un corps. Le titre, Soif, fait référence, vous l’aurez peut-être deviné, au passage de l’éponge imbibée d’eau vinaigrée qu’on tend à Jésus sur la croix pour qu’il puisse se désaltérer. Même si, bien entendu, on va au-delà de cet épisode. Avoir soif, c’est lié à la condition charnelle : il faut être incarné pour la ressentir.

Je ne peux bien sûr pas ne pas rappeler que la soif, la faim, l’envie, l’avidité,..., le rapport au corps, sont un thème récurrent dans les écrits d’Amélie. Biographie de la faim, Métaphysique des tubes, ‘to crave’... Une fois de plus je vous impose une interview pour compléter ma review, dans laquelle on apprend qu’elle aime Depeche Mode ce qui est une preuve de bon goût que le Fils de Dieu représente pour elle le plus incarné des hommes. Sa description de la Passion est bouleversante tant elle fait ressentir avec justesse l’humanité de cet homme, et surtout la douleur extrême qui est infligée à son corps.

En conclusion, le défi était osé mais a été relevé brillamment.

Sinon, pourquoi je n’ai que 32 ans cette année ? Ça m’aura fait une super idée de dédicace si j’en avais eu 33 !

Ecrit par Campanita, le Dimanche 27 Octobre 2019, 10:45 dans la rubrique "Critiques bouquins".