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Hello, je suis Campanita. Juste un petit blog pour partager mes petits gribouillages ainsi que mes impressions sur le monde...

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Voyons ce qui se raconte dans la jouebosphère...

Word of God

"I'm a geek. I'm a writer. I spent all of my time in my childhood obsessing about Sherlock Holmes and Doctor Who. I was alone, I was an outsider — what do you expect? I was that bullied kid at the back of the class weeping for loneliness. I don't think, generally speaking, people become writers because they were the really good, really cool, attractive kid in class. I'll be honest. This is our revenge for people who were much better looking and more popular than us. I was a bit like that, I suppose."

Steven Moffat

"De longues recherches m'ont menée à ce constat. : l'aliment théologal, c'est le chocolat. Je pourrais multiplier les preuves scientifiques, à commencer par la théobromine, qu'il est seul à contenir et dont l'étymologie est criante. Mais j'aurais un peu l'impression d'insulter le chocolat. Sa divinité me semble précéder les apologétiques. Ne suffit-il pas d'avoir en bouche du très bon chocolat non seulement pour croire en Dieu, mais aussi pour se sentir en sa présence ? Dieu, ce n'est pas le chocolat, c'est la rencontre entre le chocolat et un palais capable de l'apprécier."

Amélie Nothomb in Biographie de la faim


Doctor Who : Shada
--> par Gareth Roberts d'après le script de Douglas Adams



« À cinq ans, Skagra décida d’autorité que Dieu n’existait pas. Confrontés à une telle révélation, la plupart des habitants de l’univers éprouveraient un sentiment de soulagement ou sombreraient dans un désespoir absolu. Skagra, lui, commença à réfléchir. Attendez un peu ! Si Dieu n’existe pas, il y a donc une place à prendre ! »


En 1979, le jeune Chris Parson, étudiant en physique à St Cedd's College, emprunte quelques livres au Pr Chronotis, personnage excentrique à la mémoire plus que défaillante. Ce que Chris ignore, c'est qu'il a embarqué avec lui un livre auquel il n'aurait jamais dû toucher, L'Ancienne et Vénérable Loi de Gallifrey...D'ailleurs, pourquoi le livre est-il illisible? Pourquoi donne-t-il à Chris l'impression que l'objet le lit et non l'inverse? Que fait une cabine bleue dans l'appartement du professeur? Qui est vraiment ce dernier? Qui sont ces gens sortis de nulle part: le zouave avec l'écharpe surnaturellement longue, la blonde à chapeau de paille, et leur chien en métal qui parle? Et si ce bouquin que Chris a eu le malheur d'emprunter était en réalité un puissant artefact recherché par un des plus grand sociopathes de l'univers?

Oh, !(*)



1979, c'est surtout la date à laquelle aurait dû être diffusé Shada, épisode dont le scénariste n'était nul autre que Douglas Adams. Et pas le seul, l'auteur du célèbre  Guide du Voyageur Galactique ayant également écrit deux autres serials avec Tom Baker, The Pirat Planet et City of the Death. Hélas, une grève de la BBC annula le projet qui ne fut même pas complètement tourné, même si quelques scènes furent réutilisées dans The Five Doctors. Finalement, Shada sortira en 1992, avec les scènes non tournées narrées par un Tom Baker aux cheveux déjà gris dans ce qui semble être un musée sur la série. Citons encore un audiosode en 2003 où Paul McGann donne sa voix au Docteur, et nous en arrivons à cette novellisation, par Gareth Roberts. Qui est loin d'être un inconnu, étant l'auteur d'une poignée d'épisodes du New Who, ainsi que de romans de l'univers étendu. Assez ironiquement, le scénario de l'histoire tourne autour d'un livre perdu...

Pour ma part, je n'ai encore lu aucun de des romans de Roberts et ses épisodes sont pour moi ni mauvais ni géniaux à crever le plafond, quoi que je cite souvent dans mes préférés The Shakespeare Code et The Unicorn and the Wasp.


Avouons-le, Roberts partait quand même avec un beau défi: tout d'abord, l'héritage de Douglas Adams, ce n'est pas rien. On peut au moins se réjouir que DW et H2G2 partagent ce côté nawak comico-kistcho-intergalactique mais parfois sérieux. Ensuite, un auteur de New Who qui se lance dans du Classic Who, ça peut ou ne peut pas l'aider. Mon avis est biaisé sur ce dernier point parce que c'est la première fois que je lis une aventure mettant en scène un Docteur classique, une compagne classique, (que pourtant je connais tous deux très bien via leurs épisodes) et un antagoniste pensé comme un méchant classique également. Et curieusement, je peux dire que oui, c'est bien Tom Baker, mais matîné de David Tennant et de Matt Smith. Est-ce dû à l'influence de l'expérience de Roberts dans la nouvelle série ou au fait que je n'avais jamais lu sur Four avant? Je ne saurais le dire.

La série classique se distingue de la nouvelle aussi en cela que Gallifrey et les Seigneurs du Temps sont plus présents, de façon directe ou indirecte (quoi que ça risque de changer dans l'ère Capaldi). Ici, nous avons tous de même trois Seigneurs du Temps, deux TARDIS (dont un de type 12), et un artefact de la mort fatale made in Rassillon. Avec Shada, on plonge au cœur des petits secrets dangereux de cette puissante et mythique civilisation. Par ailleurs, peut-être que c'est parce que c'est une Time Lady (ici, ils ont traduit par
« Seigneure du Temps », argh!) et que donc ça aidait à bien la caractériser par rapport aux autres compagnons, mais Romana m'a semblé bien In Character. Ce côté distingué, érudit  et hautain derrière une bouille toute mignonne, ça ne pouvait pas être confondu avec Amy ou Rose.

Difficile aussi de déterminer ce qui était ou non dans le script original d'Adams, et ce qui est pure invention de Roberts, mais à ce stade, on s'en fiche, ce qui compte est le produit fini, et je peux dire que le scénario est une réussite: nous avons à la fois un bon concept et une bonne façon de l'exploiter. En outre, Roberts a su donner de l'étoffe à ce qui ne pouvait en avoir dans l'épisode incomplet, comme Chris et sa presque petite amie Clare, aka les deux humains perdus au milieu d'une aventure qui les dépasse, mais qui se dépatouillent suffisamment bien pour devenir des compagnons officiels s'ils l'avaient voulu. Mention honorable également pour Skagra, qui dans l'épisode passait pour un méchant un peu ridicule en dépits de son potentiel, mais qui ici est sacrément plus crédible et menaçant. Déjà rien que la phrase d'introduction que j'ai retranscrite plus haut révèle à quel point il est classe (même si c'est un gros mégalo un peu immature sur les bords).

Au niveau du style, il est très agréable, avec un humour tout à fait dans l'esprit de la série, un ton parfois ironique et des écritures gallifreyennes. Je regrette juste quelques formules répétées ad nauseam, comme le fait que  Chronotis ait tellement l'air d'un gentil et adorable grand-père qu'on ne saurait le soupçonner de quoi que ce soit de vilain. Au début, ça va, mais au bout d'un moment, c'est un peu lourd. Chaque fois que le narrateur change de point de vue de personnage, on nous le ressert. Surtout qu'à force d’insister, on le devine avant l'heure, qu'il y a un truc louche avec le papy.


Sinon, il paraît que Lalla Ward a l'air d'être sortie tout droit d'un tableau d'Eugène Boudin.


J'avoue, il y a de l'idée.

(*) Faut pas répéter ça, c'est un juron gallifreyen très très vulgaire.

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Ecrit par Campanita, le Jeudi 22 Mai 2014, 10:58 dans la rubrique "Critiques bouquins".