Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

Welcome!

Hello, je suis Campanita. Juste un petit blog pour partager mes petits gribouillages ainsi que mes impressions sur le monde...

***

Vous pouvez emprunter les images de mes peintures et dessins, mais veuillez me créditer si vous le faites.


Vous cherchez un article en particulier? Par ici!


...ou par-là!

Voyons ce qui se raconte dans la jouebosphère...

Word of God

"I'm a geek. I'm a writer. I spent all of my time in my childhood obsessing about Sherlock Holmes and Doctor Who. I was alone, I was an outsider — what do you expect? I was that bullied kid at the back of the class weeping for loneliness. I don't think, generally speaking, people become writers because they were the really good, really cool, attractive kid in class. I'll be honest. This is our revenge for people who were much better looking and more popular than us. I was a bit like that, I suppose."

Steven Moffat

"De longues recherches m'ont menée à ce constat. : l'aliment théologal, c'est le chocolat. Je pourrais multiplier les preuves scientifiques, à commencer par la théobromine, qu'il est seul à contenir et dont l'étymologie est criante. Mais j'aurais un peu l'impression d'insulter le chocolat. Sa divinité me semble précéder les apologétiques. Ne suffit-il pas d'avoir en bouche du très bon chocolat non seulement pour croire en Dieu, mais aussi pour se sentir en sa présence ? Dieu, ce n'est pas le chocolat, c'est la rencontre entre le chocolat et un palais capable de l'apprécier."

Amélie Nothomb in Biographie de la faim


Vendredi (11/05/18)
La Passe-Mirroir, tome 1: Les fiancés de l'hiver
--> par Christelle Dabos

Derrière son écharpe usée et ses lunettes, Ophélie cache des pouvoirs uniques : c’est une liseuse (elle peut lire le passé des objets en les touchant) et une passe-miroir (les miroirs lui permettent de voyager en passant au travers).

Vivant tranquillement sur l'arche d’Anima (une des nombreuses îles flottantes où s’est réfugiée l’Humanité après un évènement apocalyptique appelé la « Déchirure »), son existence se voit chamboulée quand les doyennes lui arrange un mariage avec Thorn, originaire de l’arche du Pole. Arrachée à sa famille, Ophélie découvrira vite que le caractère glacial et revêche de son fiancé est le moindre de ses soucis : plongée dans un nouvel environnement ou tout n’est qu’illusion (ou presque) et où personne n’est digne de confiance, elle devient l’objet d’un complot politique, subit des intrigues de cour, et se retrouve entre les feux croisés d’une guerre des clans entre personnages aux pouvoirs terrifiants.

Que ça fait du bien de constater qu’on peut encore trouver des auteurs à l’imaginaire débordant, qui s’adonnent au fantastique, à la fantasy ou la SF, et qui écrivent en français. Non, vraiment, j’ai l’impression qu’ils ne sont pas nombreux, ou du moins qu’ils ne sont pas assez mis en valeur. Christelle Dabos est Française (bien qu’elle ait habité en Belgique d’après ce que j’ai appris, ce qui explique le fameux patois du grand-oncle d’Ophélie : c’est du wallon !)

Les fiancés de l’hiver est le premier tome d’une quadrilogie (trois sortis à ce jour, et le second est déjà en ma possession) et contient tout ce qui plait : un univers riche, une ambiance étrange, des personnages complexes et des interrogations en suspend (Qu’est-ce que la Déchirure ? D’où viennent les esprits de famille ? Où se situe Arc-en-Terre ?...). Si je devais faire un reproche, ce serait le manque d’action et de dynamisme (alors qu’à partir d’un certain point, les mésaventures d’Ophélie s’enchaînent à une vitesse qui ne lui laisse pas le temps de souffler). Mais c’est un premier tome, ça pose les bases, et ça ne nous laisse qu’entrevoir  des possibilités alléchantes. En particulier concernant les différents clans et leurs pouvoirs (moi, ce sont les Nihilistes qui m’intéressent…et aussi les Arcadiens…leur pouvoir, c’est un peu de jouer sur les dimensions façon TARDIS, non ?). Car il y a un potentiel certain, l’auteur ayant construit un univers fourmillant et conséquent. L’écriture est fluide et aide à rester happé dans le récit même dans les passages les plus mous. Et l’univers décrit…je ne saurais dire s’il me ravit par son inventivité ou s’il me donne envie de vomir. Je parle ici de l’aménagement des illusions dans la Citacielle (centre névralgique du Pole) : tout est calculé pour émerveiller mais tout est faux, et tout va dans l’excès et la décadence. C’est Alice au Pays des Cauchemars, ce truc.

Un mot sur les personnages. Commençons par l’héroïne, qui de l’avis de certains est un peu trop cruche et banale. Certes, le coup de la fille maladroite mais gentille qui subit un entourage superficiel n’a rien de révolutionnaire. Mais il y a cependant quelque chose chez Ophélie qui m’a interpellée, et qui au fil de la lecture l’a faite passée à mes yeux pour atypique, mais dans une manière elle-même atypique. Dans n’importe qu’elle autre roman du même genre, elle se serait métamorphosée pour devenir une badass qui finit par maîtriser le nid de serpents dans le quel elle est tombée. Mais non, elle reste humble et dépassée par les évènements, sans pour autant resté passive. Elle tire son épingle du jeu, mais dans des proportions réalistes. Elle n’est pas moche, mais elle est considérée comme telle (ou du moins inélégante) parce qu’elle ne ressent pas le besoin de se conformer aux standards, toujours elle privilégie son confort aux apparences (cette écharpe !). Elle a une éthique qu’elle ne transgresse jamais (la déontologie des liseurs qui leur impose de demander le consentement au propriétaire de l’objet). Elle n’est pas stupide, mais tout le monde la méprise et la traite comme une moins que rien. Ce que je peux tellement comprendre, j’ai de suite eu beaucoup d’empathie pour elle, qu’on a déracinée puis plongée dans un monde sans pitié où personne ne raisonne comme elle, où on ne lui explique aucune règle mais où on la punit sévèrement à la moindre incartade.

Thorn est aussi un être fascinant, tout comme sa tante Bérénilde. On ne sait jamais si on doit les considérer comme gentils ou méchants, s’ils sont oui ou non dignes de confiance. Il y a quelque chose d’incroyable dans le fait que je pouvais les détester profondément lors d’un passage pour ensuite éprouver une vive compassion pour eux dans le suivant. Je suis en tous cas heureuse qu’on ne nous fasse pas le coup de la romance sulfureuse et interdite entre Thorn et Ophélie. Pas que j’aie forcément de répulsion face aux romances, mais parce que je suis lasse de ce schéma de « L’amour commence par une dispute, qui aime bien châtie bien » (et accessoirement par l’idée implantée dans la conscience collective comme quoi si une histoire est écrite par une femme et/ou que le protagoniste est féminin et/ou que le public l’est aussi, la romance sirupeuse est obligatoire). En tous cas, Ophélie n’a toujours pas confiance en Thorn à l’issue de ce premier tome, et ce fait la bloque totalement. Je ne peux pas prédire qu’ils ne finiront pas ensemble d’ici trois tomes, mais en tous cas, cette relation sera à des années-lumière de Twilight ou de la collection Harlequin.

À côté de cela, on retrouve une foultitude de personnage certes hauts en couleur, mais assez éloignés des stéréotypes attendus. Je peux dire qu’il est très difficile pour moi de les détester, tant ils parviennent à devenir attachant à leur manière. Sauf peut-être le chevalier, un gamin tout juste flippant qui a des « mommy issues » (et encore…). Il y aussi Farouk, l’esprit de famille du Pole (l’ancêtre de tout les habitants de celui-ci et dieu parmi les hommes), un grand enfant capricieux à la mémoire défaillante, la très droite tante Roseline, le grand-oncle farfelu parlant wallon (qui s’occupe d’Archives, donc point bonus pour lui), le pétillant et bourru Renard, l’intriguant ambassadeur Archibald, la non-moins intriguante Mère Hildegarde…

Le défaut majeur est, comme je l’ai évoqué plus tôt, qu’on a l’impression qu’il ne se passe rien (ce qui est pourtant faux…), mais pour moi, toutes les prémices d’une grande saga sont là.

Ecrit par Campanita, à 10:42 dans la rubrique "Critiques bouquins".
Lire l'article ! (suite de l'article + 4 commentaires)


Samedi (07/04/18)
J'ai joué à Super Mario Odyssey
--> Trois siècles après tout le monde


Non non, il ne s’agit pas d’un test complet comme je le ferais pour un Zelda. Pas que je n’ai pas aimé, simplement je n’en ai ni la motivation ni l’envie (et puis, on va être honnête, les mauvaises expériences sont tout aussi voire plus divertissantes à disséquer en long et en large que les bonnes, les critiquer méchamment a même des vertus cathartiques). À la place, je vais discuter librement de toute structure.

Donc, nous (mon fiancé et moi) avions acheté la Switch pour Breath of the Wild. Jeu qui à lui seul justifie l’achat d’une nouvelle console à nos yeux (et il n’avait même pas besoin d’être bon pour ça, être un Zelda étant suffisant). Mais dans les faits, nous nous sentions quand même un peu coupables, d’où la nécessité de nous procurer un/des autre(s) jeu(x) disponibles dans le catalogue de la console. Notre dévolu s’est porté sur l’autre « monstre » de l’année 2017, issu de la franchise la plus emblématique de Nintendo (oui, cela est d'une originalité ébouriffante).

Les aventures du plombier moustachu occupent la troisième position dans mes préférences vidéoludiques, après Legend of Zelda (sans déc ?) et Pokémon. Et encore, dans le Marioverse, Mario n’est même pas mon chouchou : déjà, il y a ce lion peureux de Luigi, bien plus attachant que son frangin (d’ailleurs, si la rumeur d’un Luigi’s Mansion 3 sur Switch s’avère vraie, tu parles que je vais l’acheter !) et puis il y a Wario, l’anti-héros moche, crado et tellement jouissif à incarner (Wario Land 2 sur Game Boy est THE jeu de mon enfance).

Mon fiancé a testé Super Mario Odyssey dès sa livraison chez nous, mais moi j’ai attendu. Parce que le dernier DLC de BotW était disponible qu’il fallait absolument que j’entame une troisième partie, et puis j’étais aussi sur Pokémon Lune, et puis et puis...puis j’ai une vie à côté aussi, je me suis fiancée, j’ai adopté un adorable chaton, j’ai joué dans une pièce de théâtre, et puis le Docteur est devenu une femme ! Le truc, c’est que ça devait faire environ 20 ans que je n’avais plus joué à un Mario, puisque la dernière fois c’était en 2D et en noir et blanc sur mon Game Boy...et sérieusement, m’y remettre me fit un effet des plus bizarres.

Mais elle va parler du jeu en lui-même au lieu de raconter sa vie ?

Minute papillon ! J’y viens. Mais j’avais prévenu que ce serait assez décousu.

Si j’ai toujours préféré Zelda à Mario, ça ne sort pas de nulle part. Il y a d’une part le type de jeu (mais j’en parlerais plus bas), mais aussi l’univers. Pas que je le trouve trop perché à mon goût (j’aurais même tendance à apprécier cet aspect). Ce qui me gêne est avant-tout une question de scénario et de personnages. En gros : tous les clichés stupides et blagues moisies qu’on fait sur Zelda, qui sont on ne peut plus faux, sont vérifiés quand on les applique à Mario : c’est en effet toujours la même histoire qui se répète ad nauseam avec les mêmes protagonistes, à savoir un ménage à trois où le héros doit sauver pour la quarante-douzième fois une princesse infichue de se tirer les doigts du séant et capturée par une caricature de macho n’ayant pour ambition que de se la farcir avec ou sans son consentement. Parce que dans Zelda c’est une toute autre chanson, on a des scénarii qui, sous des apparences parfois similaires, sont beaucoup plus variés, avec des personnages qui ne sont pas les mêmes d’un jeu à l’autre et avec une personnalité moins simpliste, notamment des antagonistes dont les motivations sont plus complexes que de juste vouloir serrer une meuf (sauf dans Four Swords, que j’hésite toujours à considérer comme un jeu à part entière ou comme une extension de A Link to the Past à l’intérêt limité), laquelle meuf sait se défendre et représente plus qu’un trophée pour le héros (même si Spirit Tracks met en place ces tropes de façon ironique au début pour mieux les prendre à contre-pied pendant tout le reste du jeu). Alors, oui, je sais que Mario, ça fait exprès d’être léger, que ça ne cherche pas à être sérieux ou à construire une mythologie solide avec chronologie alambiquée, que le simple fait d’y chercher du sens et de tout analyser sous un angle sociologique ou que-sais-je est futile et que c’est normal si Peach n’est rien de plus qu’un personnage-McGuffin. Mais ce n’est pas ce que j’aime. Rien qu’une question de goût en somme. Évidemment, je n’ai pas joué à tous les jeux Mario et ne prétend pas en avoir une connaissance encyclopédique, mais d’après ce que j’ai pu observer....Et puis parce que j’aime me prendre la tête avec des futilités. Puis j'exagère un peu quand j'insinue que tous les jeux ont un scénario copié-collé.

Et Super Mario Odyssey m’a agréablement surprise sur le sujet, alors même que la scène d’intro m’avait fait soupirer d’agacement, parce que "Here we go again!". Bowser kidnappe Peach parce qu’il veut l’épouser (contre son gré). Et le mariage non consenti, quand on y réfléchit, c’est juste la version « tout public » du viol. Eh oui, la pauvre Peach est victime de misogynie à plus d’un titre, et encore c’est pas fini. La scène se déroule devant les yeux impuissants de Mario, que le Koopa King ne se prive pas d’admonester: « T’es jaloux, hein ? ». Peach la Timballe, que deux mâles se disputent comme des hommes préhistoriques ! Bowser en profite aussi pour piétiner et réduire en lambeaux la casquette iconique de son rival, avant de l’envoyer valdinguer à l’autre bout du monde. Le seul truc qui manque pour parfaire le tableau, ç’aurait été qu’il fasse un commentaire désobligeant sur la taille de sa virilité.

Mario se réveille là où il a atterri, à savoir dans un film de Tim Burton au Pays des Chapeaux, dont les habitants sont des chapeaux polymorphes. L’un d’eux, Cappy, dont la petite sœur Tiara a également été enlevée par l’autre abruti pour qu’elle serve de voile de mariée à Peach (bref, on a deux damoiselles en détresse pour le prix d’une), propose à Mario de s’allier à lui pour sauver leur deux jouvencelles. Cappy se pose sur la tête de son nouvel ami et prend donc la place de la casquette perdue (un peu comme Exelo qui devient le bonnet de Link dans Minish Cap), devenant aussi une arme de jet façon boomerang et un moyen de se transformer en n’importe quel ennemi en prenant le contrôle de celui-ci (ça s’appelle la « chapimorphose »). Et voici nos deux compagnons lancés à l’aventure dans la poursuite du gros vilain pas beau dans un vaisseau volant en forme de chapeau à voiles, l’Odyssée (voilà, c’est pour ça le titre).

Je ne l’avais pas réalisé de prime abord, mais cette entrée en matière est un pur moment d’auto-caricature. Et J’ADORE! J’adore quand Nintendo se moque de lui-même de façon un peu méta. Oui, Bowser qui kidnappe Peach parce qu’il a un crush sur elle, c’est le cliché de base d’un jeu Mario, et cette fois, ils ont décidé de jouer là-dessus à fond. Le mariage est tellement central dans ce titre qu’on ne peut douter que ça soit fait exprès : les contrées que Mario et Cappy visiteront au cours de leur périple ont été ravagées par Bowser parce que celui-ci y faisait ses courses de mariage (la robe, la bague, la pièce-montée...et le champagne, évidemement!). À ce stade, c’est juste trop énorme.

 

Une métaphore évidente !

Il y a aussi les Broodals, une entreprise familiale de lapins dont tous les membres sont affrontés à un moment ou un autre en tant que boss. Bowser les a engagés pour deux choses : ralentir Mario et organiser le mariage. Leur nom est même un jeu de mots avec le terme anglais « bridal ». Quant au combat final, il a pour contexte la cérémonie en elle-même (dans une église sur la Lune…euh…j’hésite à dire : « Ta gueule, c’est magique ! », mais « Ta gueule, c’est Nintendo ! » est plus approprié.). Bref, ça se voit un chouïa que le jeu se focalise sur le thème du mariage.

Mais tout cela aurait été vain s’il n’y avait pas la scène finale, après le combat (et un passage épique où Mario prend le contrôle de Bowser pour s’échapper de l’intérieur magmatique de la Lune sur une chanson de Kate Higgins….Ta gueule, c’est Nintendo !) : voilà Peach sauvée, et que fait Mario ? Il lui fait sa demande à son tour ! Comme si effectivement elle n’était qu’un trophée pour lui, et que maintenant qu’il l’a sauvée, elle avait le devoir d’accepter ses avances. Sur ce, Bowser, qui a recouvré un peu ses esprits, s’interpose pour tenter de la séduire à son tour, les deux rivaux se mettent alors à se bousculer et à jouer des coudes tout en brandissant chacun une fleur contre le visage de la malheureuse princesse (ne pas essayer d’y voir un sous-entendu graveleux, ne pas essayer d’y voir un sous-entendu graveleux….). Et là…elle leur fout un vent royal (enfin, princier) avant de se diriger nonchalamment vers l’Odyssée.

Oui, vous avez bien lu : elle les rejette tous les deux !

Pourquoi c’est génial ? Eh bien, parce que, contrairement à certains qui vont sauter sur l’occasion pour faire la même blague pas drôle pour la centième fois (« Rhôôoo la salope ! Comment elle l’a friendzoné ! Comment elle peut le traiter comme ça après avoir été sauvée, quelle pute ingrate ! »), moi j’y vois plutôt que Peach en a ENFIN marre de son statut de demoiselle en détresse et d’être objectifiée par ces deux-là et qu’elle décide ENFIN de les envoyer péter. C’est tout juste si je ne l’ai pas entendue dire : « Fuck ! Y’en a marre de ces conneries, je me casse ! ». Bravo, Peach, je m’en veux d’avoir dit tant de méchancetés sur ton compte, t’es toujours pas au niveau de Zelda, mais tu t’es bien rattrapée !

Bon, oui, pauvre Mario qui si ça se trouve ne pensait pas à mal et était peut-être sincère dans ses sentiments. Mais bon, mon petit père, là elle vient de subir une expérience limite traumatisante, tu pourrais lui laisser un peu de temps, non ? Faut-il rappeler que l’amour n’est pas quelque chose de dû, sauvetage ou pas. Et qu’un héros, un vrai, n’agit pas dans l’espoir d’une récompense mais parce qu’il fait ce qui est juste. Sinon, ce n’est pas un héros, mais un connard.

Dans la partie post-game, c’est la panique au Royaume Champignon : Peach a encore disparu, ce qui met les Toads en émoi (pour mon plus grand bonheur…parce que je hais ces machins-là, ils ont une voix insupportable, crient tout le temps, et en plus ils considèrent Luigi comme un lâche alors qu’ironiquement ils sont bien plus couillons que lui ! Les voir souffrir me procure un plaisir sadique). Mais en fait, cette fois, Peach n’a pas été enlevée…non, elle a juste décidé de voyager à travers le monde avec sa nouvelle amie Tiara ! Ça ne pouvait pas être une meilleure conclusion.


« Ma che per che ? Tou pars en vacances sans moi ? Tou me brise il cuore !
— Javais besoin despace ! Et maintenant, tu me laisses me dorer la pilule tranquilou ?»
 

Sinon, pour parler de l’aspect du jeu qui consiste à…jouer, je me suis bien amusée mais sans plus. Il faut dire que je ne suis pas très fan des plateformers (quand il y a une séquence de plateformes dans Zelda, je tolère mais c’est loin d’être mon moment préféré). Et comme Mario c’est un peu la référence en la matière, on en bouffe à la pelle, et certains passages ont un niveau de difficulté qui me dépasse… Allez-y, pensez que je suis nulle ! C’est pas comme si je n’assumais pas mon statut de casu. Et encore, c’était je pense la première fois que je jouais à un plateformer en 3D. Et croyez-moi, si les Mario de mon enfance en 2D ne me posaient aucun problème, Odyssey fut pour moi l’occasion de découvrir que j’avais un véritable souci quand il y a une dimension en plus. Ce qu’il y a, c’est que j’ai des difficultés avec : l’orientation, la psychomotricité et la situation dans l’espace (probablement lié à mon autisme même si je n’en suis pas sûre). Je suis d’une maladresse supérieure à la moyenne et n’ai pas assez de compétences pour ce genre de jeu. De plus, s’acharner sur un passage plus délicat est chez moi synonyme, non pas d’énervement et d’envie de ragequit, mais de fatigue intense voire de violents maux de tête…je n’ai donc pas complété ce jeu à 100% (et ai renoncé rapidement à ne fut-ce qu’essayer), histoire de ne pas vider mon stock d’analgésiques. Bref…le premier qui me sort que : « Mario c’est trop un jeu d’autiste parce que c’est bizarre lol ptdr ! », je lui réplique que du coup, en fait, c’est plutôt un jeu pour neurotypiques ! Ce que j’ai plus apprécié, en revanche, c’est le côté exploration pour trouver des lunes de puissance (qui sont en quelque sorte le carburant de l’Odyssée), ainsi que les quelques énigmes (en gros…les aspects les plus zeldaesques…on ne se refait pas).

Quant à la direction artistique, elle est vraiment très créative. J’enfonce ici une porte ouverte, mais le mélange de styles, aussi bien visuels que musicaux, allant du très réaliste au très cartoonesque et du jazz à la pop en passant par du classique et du rock, est un véritable plus. Cela a pour résultat un univers très riche et très varié, chaque pays visité à son identité et son charme propre, et quand les habitants de ces contrées se rencontrent post-game, cela donne naissance à des tableaux plutôt bigarrés.

 

La véritable définition de la diversité ethnique, le village d’Euzéro de BotW peut aller se rhabiller^^

La présence de Pauline (la première princesse que Mario a sauvée dans sa carrière, alors qu’il était encore charpentier et non plombier) en maire de New Donk City faisait aussi chaud au cœur, alors que je n’ai jamais joué au jeu concerné. Ce passage est d’ailleurs juste grandiose. Non. Légendaire. Ah, et oui, bien sûr, les passages en 2D et en 8bit...

 

Enfin, j’ai dit que chaque pays avait son charme, mais il y en a quand même un sur lequel j’aimerais revenir…

Le Pays de la Cuisine. Sans doute le plus coloré et mignon, ses habitants sont des fourchettes parlantes (Ta gueule, c’est Nintendo !) trop choupies, leurs habitats sont des monticules de nourriture : les rochers à démolir sont du fromage, on peut escalader des collines de fruits et légumes…et cette musique qui évoque la France (parce que la gastronomie française…). Même qu’avec la taille que fait Mario par rapport à toute cette boustifaille, on a un peu l’impression d’être Rémi le rat de Ratatouille. Le tout flotte sur une mer rose bonbon qui semble être soit de la sauce bouillante soit de la confiture de framboise. Cela agit comme de la lave et on en déduit que c’est parce que c’est très chaud.

Jusqu’au combat contre le boss de ce niveau…Déjà, admirez son design pas du tout kitsch…

 

On découvre, lors de la bataille, que cette bouillie rose provient en réalité de l’estomac de cette chose…Ce qui signifie que cette substance dans laquelle Mario nage quand il prend la forme d’une flamme, c’est du vomi ! Avec des morceaux. Et extrêmement acide, ce qui explique son caractère létal. C’est tout de suite moins choupikawaii.

 

YEURK !

 

Eh ben, finalement, j’aurais quand même couvert un peu près tout ce qu’il y avait à dire sur ce jeu. Mais on va conclure par ma dernière déception :

Luigi apparaît grâce au DLC (ce qui devrait me réjouir), et il fait une grosse référence à un personnage de Zelda (idem).

Sauf que…

 

Tingle Tingle kooloo Limpah !

Noooooooooooooooon ! Pourquooooooooiiii ?

Ecrit par Campanita, à 13:06 dans la rubrique "Divers".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


Frappe-toi le coeur et Foire du Livre 2018
--> Cet article est un hybride de billet d'humeur et de critique littéraire


Oui, ce roman date de la rentrée littéraire 2017 et nous sommes à Pâques 2018, j’affiche un retard vertigineux dans la rédaction et publication de cette critique. Et alors, qu’est-ce tu vas faire ? Ouais, ouais, pour une soi-disant fan, ça ne fait pas très sérieux. Mais bon, quand on tient un blog pour le plaisir et qu’on doit traiter d’un sujet qui donne l’impression qu’on se répète d’article en article, la motivation ne vient que timidement. D’ailleurs, j’annonce, comme ça, que ça intéresse quelqu’un ou pas, que je ne risque plus de faire de critique de musique, pas que je déteste la musique maintenant (j’ai bien acheté, écouté et adoré le dernier album d’Indo par exemple), mais mon inspiration pour en parler en est au point mort.

En ce qui concerne Amélie, je me suis rappelée de ce retard affolant en février dernier (donc ça date quand même un peu) lors de la Foire du Livre de Bruxelles, où je l’ai rencontrée comme chaque année en dédicace, d’autant plus que cette fois, elle se rappelait de moi ! C’est bon, ma vie est complète à présent ! J’ai aussi discuté avec sa sœur Juliette (à qui j’ai fait dédicacer également un de ses romans jeunesse), nous avons parlé de Desperate Housewives, et de séries télé en général, elles m’ont alors demandé quelle était celle que je préférais. Ainsi, j’ai pu prononcer devant Amélie Nothomb les mots « Doctor » et « Who ». Je peux mourir en paix maintenant !

Le cru de cette année, Frappe-toi le cœur ! (citation tronquée d’Alfred de Musset: « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. ») je l’ai tout particulièrement aimé. Je sais que je dis ça pour chaque roman de cette auteure (Y’a une gratte dans le disque, comme on dit parfois de par chez moi) mais que voulez-vous, la qualité de son écriture est aussi régulière que son rythme soutenu (rappelons : trois-quatre bouquins par an, dont un qui sera finalement publié).

Entrons dans le vif du sujet, expression ici fort à propos puisque la protagoniste principale est cardiologue, métier dans lequel on peut être amené à procéder à une opération chirurgicale, donc à entrer dans le vif du sujet (ça y est, vous l’avez mon super jeu de mots ?). Cela dit, avant de nous présenter notre héroïne, on nous présente sa mère. Marie est belle, Marie est aimée, et surtout Marie aime susciter l’envie chez les autres. Ah, la jalousie ! Ce thème, pourtant important moteur des actions humaines, est trop souvent oublié de la littérature au goût de la romancière, en particulier la jalousie d’une mère envers sa fille, ce dont il est question ici. « La jalousie est un dévoiement de l’amour qui peut aller jusqu’à la haine. » déclare-t-elle en interview. Car le vent tourne pour Marie: après son mariage précipité avec le bel Olivier (durant lequel elle n’attirera pas assez de convoitises car manquant de faste), la naissance de leur fille Diane, encore plus belle qu’elle, la plongera à son tour dans la plus profonde jalousie. Commencera alors pour Diane une enfance toxique à endurer le mépris et la froideur de sa génitrice. Ce parcours de vie continuera sur cette lignée lors qu’elle se lancera dans des études de médecine. Elle rencontrera à cette occasion Olivia (et on remarquera que si pour une fois on évite les prénoms alambiqués, il y a une certaine symétrie entre les personnages, la fille d’Olivia s’appelant Mariel), un brillant professeur qui deviendra rapidement son amie ainsi qu’en quelque sorte une mère de substitution. Mais là encore Diane ira au-devant d’une suite de déceptions...Le tout raconté avec les finesse et verve habituelles (quoi que dans un style un peu plus épuré).

Mais je n’ai pas fait que ça lors de cette convention (oui, convention, la Foire du Livre est une sorte de convention, on y retrouve plein de geeks littéraires). J’ai aussi joué à Mario odyssey dans les files d’attente (mais ce n’est pas l’évènement du jour) et j’ai fait quelques trouvailles:

Premièrement, le premier tome de la Passe-Miroir de Christelle Dabos, une série fantastique, que j’ai ramassé par hasard pour essayer, auquel je consacrerai un article incessamment sous peu, dès que j’aurais lu cette brique de 600 pages qui promet d’être passionnante.

Secondement, j’ai déniché quelque chose que je n’aurais pas pu trouver ailleurs. Enfin disons que ce n’est pas le genre de bouquin qu’on voit partout en librairie et dont on parle énormément sur le Net. Il aurait été facile de passer à côté. Et pourtant...

Alors que je me promenais dans les allées en regardant à droite et à gauche, espérant que le hasard me fasse encore faire une heureuse découverte, mon regard s’accrocha sur ceci : 

Le mot « zèbre », je l’avais déjà entendu employé dans un cadre autre que la zoologie. Étant autiste Asperger, je connais un peu le vocabulaire des autres neuroatypies mais je suis encore mal documentée sur ce à quoi ces termes font référence. Mais ça m’intrigue. Je sentis alors qu’on m’observait : de l’autre côté du comptoir, un garçon de 10-12 ans me fixait. Je finis par comprendre que j’avais en face de moi l’auteur. J’en fus impressionnée. Il avait l’air aussi intrigué à l’idée que je puisse m’intéresser à son œuvre. Que je me suis empressée d’acheter, et de lui demander une dédicace au passage. J’ai dévoré le livre durant le trajet du retour (bien que je souffre de mal du voyage), je devine que c’est un roman autobiographique bien qu’il ait changé les noms. Je retrouve beaucoup de ma propre expérience dans tout ça. Zèbre…Aspie…ce n’est pas tout à fait la même chose mais c’est assez similaire sur certains points.

Voilà, c'est pour ce genre de perles que je vais à la Foire du Livre de Bruxelles chaque année.


Ecrit par Campanita, à 12:13 dans la rubrique "Critiques bouquins".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


Lewis, Snow et Skull Kid en argile!
Voilà, je m'essaye à la sculpture en glaise...séchée à l'air libre (parce qu'il faut cuire à 300°C et que les fours le permettant coûtent un peu cher...) et peinte à l'acrylique.

D'abord, pour ne rien tenter de trop compliqué, des formes géométriques simples, et dans le même style que mes peintures de la série
« Comme chiens et chats ». Vous aurez peut-être reconnu Lewis et Snow.




Passons ensuite à quelque chose de plus alambiqué (et qui a nécessité beaucoup de temps): Skull Kid!


Ecrit par Campanita, à 12:08 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


Une autre fournée de chienchiens et chachats
Et encore un cocker gourmand (qui apprécie ce pot de confiture laissé en plan):




Mes deux chats, mon vieux Azraël ronchonchon et ma petite Snow qui joue à cache-cache dans la bibli, tableau inspiré de la réalité.


 

 Celui-ci est un peu cucul-la-praline, mais c'est mignon, non?

 

 Je fais des infidélités aux cockers, mais c'est parce qu'on m'avait demandé (soi-disant les chiwawas sont à la mode en ce moment...euh...).





Et enfin, un cadeau pour ma prof de peinture: Tara, son border-colley (encore une bébête que j'adore de tout mon cœur).


 
Ecrit par Campanita, à 12:06 dans la rubrique "Mes modestes petites peintures".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


Affiche Une grenouille dans le potage
Notre dernière pièce de théâtre, Une grenouille dans le potage de Thierry François et Marie C. Affiche réalisée par mes soins.




Il y avait aussi un magazine de lingerie qui nécessitait une couverture pour un accessoire de scène  (la styliste de cette collection étant l'un des personnages), je l'ai donc réalisée également, mettant en avant la dernière création : le fabuleux string en croco. Je me suis inspirée d'une image de pin-up trouvée sur le Net.


Ecrit par Campanita, à 12:05 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


Samedi (09/09/17)
Lewis et Nala
D'habitude, les cockers que je peins dans cette série sont des individus imaginaires. Ici, j'ai représenté Nala, l'adorable chipie adoptée par mon frère et sa copine, qu'ils mettent en pension chez mes parents quand ils vont travailler. Mes parents qui ont eux-même un cocker mâle de cinq ans. Nala n'hésite pas à enquiquiner son Tonton Lewis.




Ecrit par Campanita, à 12:25 dans la rubrique "Mes modestes petites peintures".
Lire l'article ! (suite de l'article + 2 commentaires)


Amigurumi Luigi
Décidément, j'aime les héros de jeu de vidéo habillés en vert dont le prénom commence par L. Paraît que Luigi's Mansion 3 est en développement pour la Switch. J'ai trop hâte!




Ecrit par Campanita, à 12:21 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
Lire l'article ! (suite de l'article + 3 commentaires)


Samedi (02/09/17)
Death Note (2017)
--> Ici, le mot « Light » doit être traduit par « allégé en matières grasses »

Light Turner, intello et souffre-douleur de son lycée, père flic, mère décédée tragiquement, amoureux de la pompom-girl du bahut. Que pourrait-il se produire, à votre avis, pour que cette situation, qui fait tellement cliché de teenage movie qu’il en est impossible de douter que cela soit fait exprès, bascule dans le thriller psychologique mélangé à du fantastique avec relation malsaine et autodestructrice ? Que Light trouve un « death note » ou « cahier de la mort » lui permettant de tuer tous ceux qui se mettent en travers de son chemin simplement en y écrivant leur nom. Dès lors qu’il acquiert ce pouvoir, Mia Sutton (la pompom) lui tombe dans les bras et le couple devient rapidement un duo de serial killers s’étant donné pour but d’éliminer tous les criminels de la planète, pour construire un nouveau monde idéal, le tout sous le pseudonyme Kira (« killer » prononcé avec l’accent japonais). Jusqu’à ce que L, un mystérieux enquêteur à la réputation de génie, ne leur mette des bâtons dans les roues…

Il est inutile que je fasse semblant plus longtemps : ce film de Netflix, réalisé par Adam Wingard, est inspiré du manga éponyme plus que culte de Tsugumi Obha et Takeshi Obata (tellement culte que je recommande le visionnage de l’anime à tous ceux qui n’y connaissent rien en manga et japanime et désireraient s’y mettre sans savoir par où commencer, ne fusse que pour réaliser que le shônen ne se limite pas à Naruto et One Piece). L’un des meilleurs mangas que j’aie jamais lus. Depuis la sortie du trailer, le film s’est pris un sacré bashing de la part de fanboys et fangirls en colère, parce que ayayaïe, c’est une adaptation et la moindre infidélité au matériau de base est donc un prétexte pour que le réal et les acteurs méritent le gibet. Rien que le fait que L soit noir et que l’action ait été délocalisée aux Iounaïtide Steïtes ôf Eumewika a déjà fait les gorges chaudes de pas mal de défenseurs de l’œuvre originale. Que c’est idiot. Mais si mauvaise adaptation ne signifie pas mauvais film, cela n’empêche pas que ce Death Note mouture amerloque n’ait son lot d’avanies indépendamment. Je vais essayer de démêler tout ça, tel Near devant son puzzle.



Est-ce que je trouve que cette adaptation ne colle pas assez au manga ?

Non.

Au contraire.

Je trouve qu’elle ne va pas assez loin dans ce qu’elle essaye de construire de différent. Et c’est là le principal reproche que je lui fais.

Death Note tourne autour du principe de rendre la plume littéralement plus forte que l’épée grâce au concept du cahier de la mort. Un concept tellement simple et efficace qu’il est une manne céleste pour la construction d’un univers étendu. Light Yagami est certes à ce jour le possesseur de death note le plus fascinant, mais il est loin d’être le seul, et on peut imaginer des tas d’histoires impliquant d’autres personnes ramassant le cahier maudit, et observer leurs réactions et l’usage qu’elles en feraient serait intéressant. C’est un potentiel immense ! Après tout, ce n’est pas pour rien que les règles d’utilisation sont rédigées en anglais, la langue la plus apprise à notre époque… De même, les dieux de la mort (ainsi que l’univers parallèle dont ils sont issus, qui est en plein déclin) sont carrément survolés dans le manga. Ryûk (celui qui suit Light) est très différent de Rem, et il y a encore Geras, Sidoh, le roi des dieux de la mort,…Là aussi il y a des questions restées en suspens tout à fait exploitables.

Pour ce qui est de l’autre camp, à savoir L et la Wammy’s House, il y a eu deux romans, je vous renvoie aux critiques que j’en avais faites alors que je venais à peine d’ouvrir ce blog (ça ne me rajeunit pas) :

Another Note

L : Change the World

Par ailleurs, en 2003 les deux auteurs avaient publié un pilote (qu’on peut retrouver dans le tome 13, qui est en fait une compilation de bonus tels que des tests de personnalité et des yonkomas « Kira à la plage ») présentant le concept mais avec d’autres personnages. On y mettait en scène Tarô Kagami, un gamin de 13 ans (qui rappelle beaucoup Teru Mikami jeune, que ce soit de nom ou de physique) qui trouve un cahier et s’en sert pour se débarrasser des brutes qui le persécutent à l’école. Le film de Netflix m’a d’avantage donné l’impression d’adapter cet épisode spécial que le manga que tout le monde connaît. Simplement, au lieu d’un enfant japonais, on a un adolescent américain (ce qui explique pourquoi le second est plus dirigé par ses hormones). Et, à tous ceux qui ont trouvé débile l’idée qu’on puisse empêcher une mort en brûlant la page du cahier sur laquelle le nom est écrit dans le film, sachez que dans ce pilote (qui je rappelle vient des auteurs du manga d’origine), on pouvait carrément ramener à la vie les victimes du death note en effaçant leurs noms avec une gomme magique fournie par Ryûk, la « death eraser »…

Je pense que la meilleure façon d’aborder ce film est donc de partir du principe qu’il ne s’agit pas de la même histoire que celle du manga (qui de toutes façons a déjà l’anime en guise d’adaptation fidèle). Nous avons affaire à un type qui n’est pas Light Yagami qui trouve le cahier, et s’il est d’accord de s’en servir pour nettoyer le monde des criminels (tentation que n’importe qui pourrait avoir dans pareille situation), il est surtout motivé par sa vengeance personnelle (quand il élimine le responsable de la mort de sa mère, le cliché de la femme dans le réfrigérateur) et encouragé par le dieu de la mort et par sa petite amie. Qui est une vraie connasse manipulatrice et ferait certainement un meilleur Kira que lui.

On pourrait chicaner sur le fait que l’unique personnage féminin du film soit le plus diabolisé et méprisable, mais alors je rappelle que si les femmes étaient plus nombreuses dans le manga, celui-ci était loin d’être un playdoyé du féminisme, entre les idiotes amoureuses de Light, soumises et manipulées (Misa, Takada), les demoiselles en détresses (la petite sœur de Light) et les seconds couteaux (Naomi Misora, Hal Lidner, Wedy). Mais en vrai, je trouve que c’était une bonne idée de renverser le rapport de domination et que Mia (qui évidemment est supposée être la contrepartie de Misa) soit celle qui corrompe Light. Cela accentue l’idée qu’il s’agisse d’une histoire neuve, avec des personnages neufs.

De même, le L qui intervient peut ne pas être Ryûzaki. La Wammy’s House (qui porte un autre nom dans le film mais je l’ai oublié) élève des enfants surdoués pour qu’ils puissent être L et remplacer celui-ci s’il venait à mourir. Pareil pour Watari, il peut aussi s’agir d’un pseudonyme pour désigner la personne qui sert de majordome à L (oui, je sais, dans le manga c’est aussi le fondateur de la Wammy’s, mais il pourrait lui aussi avoir un successeur sous le même pseudo, non ?). On remarquera également que le duel L/Light est ici sous-joué et que c’est d’avantage la relation tordue entre Light et Mia qui est au centre de l’intrigue.

Malheureusement, le film ne va pas à fond dans cette idée de partir dans une nouvelle histoire avec des personnages différents. Probablement, je le soupçonne, parce que l’intention était plutôt de faire la même histoire mais en changeant le contexte et en réinterprétant les personnages. Hélas, c’est là que cela échoue, car tant l’histoire et que les personnages sont à la fois trop et pas passez fidèles à l’œuvre originale, comme si le film avait le cul entre deux chaises, voulant amener une vision différente mais n’osant pas trop s’aventurer sur ce terrain. Les noms des protagonistes en sont la preuve la plus évidente, mais il y en a d’autres.

Le personnage de L est vraiment trop proche de son modèle, ce qui est d’autant plus regrettable que l’acteur (Keith Stanfield) est parfait pour ce qui est de reproduire les mimiques bizarres et l’étrangeté de l’individu. Au pire on pourrait épingler quelques moments OoC (ses subites crises de colère, ou encore quand il prend un flingue pour courser Light). Mais voilà, j’aurais tellement préféré un L différent plutôt qu’une copie de celui du manga (notez qu’on pourrait aussi faire ce reproche à Near et Mello) quand le contexte prend lui autant de distance. En outre, la courte durée du film et le peu de temps consacré à L empêche de le rendre aussi fascinant dans ses excentricités qu’il aurait dû l’être. Tout au plus on sourit en le voyant offrir de la crème glacée au chef de la police.

Autre personnage qui aurait vraiment gagné à changer du tout en tout : Ryûk. Comme je l’ai dit plus haut, les dieux de la mort sont nombreux, ils ont des caractères différents et des designs variés et originaux. Ryûk est caractérisé par son détachement total du conflit généré par Kira, il ne participe jamais (sauf si on le menace de le priver de pommes) et en gros il est là parce qu’il s’ennuie, mais n’intervient jamais et ne prend le parti de personne. Ce n’est pas son genre d’encourager celui qui a ramassé le cahier à l’utiliser. C’est pourquoi le dieu de la mort écrit pour ce film n’aurait pas dû être lui. Et encore une fois, c’est dommage car l’acteur ( Willem Dafoe) est excellent.

De manière plus générale, les évènements du scénario cherchent trop à coller à ceux du manga.

Ensuite, il y a aussi quelques défauts propres au film, découlant essentiellement de son format : il est mal rythmé, j’ai sans arrêt eu l’impression que tout se déroulait trop vite, on n'a le temps ni de s’attacher ni d’être fasciné par aucun personnage. De plus, le film semble se chercher quant au public visé : s’adresse-t-il aux ados, aux adultes ?

Quelques incohérences et problèmes dans l’écriture également : les règles inscrites dans le death note sont contredites (pas par rapport au manga, mais par rapport à celles établies dans le film-même !), et j’aurais aimé qu’on nous montre L être intelligent plutôt que de nous dire qu’il l’est et de s’en servir pour qu’il n’aie jamais à expliquer ses raisonnements pour résoudre l’enquête, parce que « C’est moi le génie, vos gueules ! »

Néanmoins, je noterais des points positifs : le retournement de situation à la fin avec Mia que je n’avais pas vu venir, la manière dont Light a géré la situation d’une main de maître (alors qu’on se disait que le hasard faisait trop bien les choses et que ce n’était pas crédible, en fait il avait tout planifié) et même une correction par rapport au manga : le fait que Light choisisse lui-même le surnom « Kira », d’origine japonaise alors qu’il est Américain, pour brouiller les pistes et amener à croire que le mystérieux tueur est au Japon. Dans le manga, c’est la population (japonaise donc) qui attribue ce surnom à celui qui tue tous les criminels, ce qui en soi donnait déjà un sacré indice sur le suspect (car on passait du monde entier à un seul pays). Mais L devine que Kira est au Japon grâce à un autre indice beaucoup plus alambiqué.

Sinon, j’ai trouvé la musique de ce film tout juste atroce. Question visuel, comme j'avoue de manière éhontée que je n'y connais rien en la matière, je me contenterais de dire que tout ma parut correct et que l'ambiance m'a plu.

En conclusion, je pense que si ce film n’est pas la bouse que tout le monde décrit, il ne casse pas des briques et mérite d’être oublié (autant que les films japonais en live action en fait). Si je me suis étendue dessus dans ce long article, c’est parce que c’était aussi l’occasion de reparler du manga et de ce qu’il y a autour, tout en glissant mon avis dans le débat houleux sur les adaptations fidèles ou non.

Ecrit par Campanita, à 16:18 dans la rubrique "Critiques films".
Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


Vendredi (18/08/17)
Doctor Who : The Wheel of Ice/ La roue de glace
--> par Stephen Baxter


On parle souvent des duos Docteur-compagnon, mais on en oublie les trios. Et pour le coup, voici un roman qui met en scène mon préféré. Si j’aime beaucoup Eleven-Amy-Rory, Twelve-Bill-Nardole, ou encore Five-Tegan-Nyssa (hein ? Adric ? Je ne vois absolument pas de qui vous parlez…), c’est sans hésitation Two-Zoe-Jamie qui remporte ma faveur, ces trois-là ayant une alchimie adorable.

Le Seigneur du Temps à coupe de Beatle, le fringant Écossais et la petite nerd se retrouvent ici dans une colonie minière en forme de roue pas loin de Saturne par le fait d’une perturbation dans le temps. Si le titre vous évoque celui de l’épisode The Wheel in Space, qui marquait justement la première apparition de Zoe, ce n’est pas anodin, puisque la jeune-fille y découvrira les prémices de ce dans quoi elle a grandi, un cadre familier mais en même temps différent. Les premiers habitants humains ont fondé une petite civilisation sur une des lunes de Saturne et luttent pour prospérer malgré les divergences avec les intérêts de l’entreprise minière. Et pour parfaire le tout, il y a quelque chose à l'intérieur de la lune qui ne devrait vraiment pas être réveillé... Quand apparaissent de mystérieux petits humanoïdes bleus, les choses se compliquent.

Le nom de Stephen Baxter me disait quelque chose, aussi me suis-je empressée d’en apprendre sur lui, mais contrairement à ce que je pensais, il n’a rien écrit d’autre pour Doctor Who. En revanche, le mec a un sacré CV comme auteur de hard-SF (même qu’à la base il est prof de maths, physique et informatique), et a même coécrit avec Arthur C. Clarck et Terry Pratchett.

Cet aspect de rigueur scientifique se ressent assez dans ce roman, tout en trouvant un compromis avec l’ambiance de la série, en particulier de la période Troughton, et le scénario est à ce titre très classique lui aussi. Bien qu’on se permette à l’occasion quelques péripéties exotiques avec des robots écossais et des cryovolcans lors d’une séance de ski sur Titan. Les personnages principaux sont très fidèles, en particuliers Jamie et Zoe, qui trouvent tous deux leurs marques dans un environnement qu’ils connaissent tout en étant dépaysés, ce qui génère un certain inconfort qui est bien retranscrit. Le premier trouve des compatriotes avec qui il développe une franche camaraderie mais subit le décalage des générations. La seconde se retrouve sur une station spatiale qui fait partie de sa propre histoire, non sans découvrir les conditions peu mirobolantes sur laquelle la civilisation avancée dont elle provient a été fondée.

La structure du roman m’a empêchée d’y entrer efficacement, les nombreux chapitres « interludes », consacrés à la genèse de tel personnage ou artéfact étant intéressants mais cassant le rythme. On regrettera également le peu de traitement accordé à certains personnages secondaires (en particulier la méchante, une énième femme d’affaires tellement obnubilée par le profit qu’elle fait un caca nerveux dès qu’on lui parle de faire preuve d’humanité, il y a aussi une militaire à la gâchette facile pas très subtile non plus), les monstres pas si renversants que ça et le fait que le potentiel de Zoe soit gâché puisque son rôle dans la résolution finale consiste essentiellement à garder un mioche.


Sommaire Whoniverse

Ecrit par Campanita, à 12:51 dans la rubrique "Critiques bouquins".
Lire l'article ! (suite de l'article + 1 commentaires)


Articles suivants