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Hello, je suis Campanita. Juste un petit blog pour partager mes petits gribouillages ainsi que mes impressions sur le monde...

***

Vous pouvez emprunter les images de mes peintures et dessins, mais veuillez me créditer si vous le faites.


Vous cherchez un article en particulier? Par ici!


...ou par-là!

Voyons ce qui se raconte dans la jouebosphère...

Word of God

"I'm a geek. I'm a writer. I spent all of my time in my childhood obsessing about Sherlock Holmes and Doctor Who. I was alone, I was an outsider — what do you expect? I was that bullied kid at the back of the class weeping for loneliness. I don't think, generally speaking, people become writers because they were the really good, really cool, attractive kid in class. I'll be honest. This is our revenge for people who were much better looking and more popular than us. I was a bit like that, I suppose."

Steven Moffat

"De longues recherches m'ont menée à ce constat. : l'aliment théologal, c'est le chocolat. Je pourrais multiplier les preuves scientifiques, à commencer par la théobromine, qu'il est seul à contenir et dont l'étymologie est criante. Mais j'aurais un peu l'impression d'insulter le chocolat. Sa divinité me semble précéder les apologétiques. Ne suffit-il pas d'avoir en bouche du très bon chocolat non seulement pour croire en Dieu, mais aussi pour se sentir en sa présence ? Dieu, ce n'est pas le chocolat, c'est la rencontre entre le chocolat et un palais capable de l'apprécier."

Amélie Nothomb in Biographie de la faim


Vendredi (23/12/16)
Les animaux fantastiques...
Tout est dit.

Non pas vraiment, en fait. Mais c'est amusant.

Ecrit par Campanita, à 12:57 dans la rubrique "Divers".
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Mercredi (07/12/16)
Class
--> ♫ What I have I been waiting for wasting all my time...
Coal Hill est décidément une école pas comme les autres, puisque régulièrement fréquentée par des individus qui, quand ils ne viennent pas d'une autre planète, ont tendance à traîner avec des individus qui eux viennent bel et bien d'une autre planète. Peu après Clara Oswald et Danny Pink (qui ont droit à un très discret clin d’œil), et longtemps après cette nuisance auditive,  voilà que le collège anglais attire à nouveau les ennuis divers et paranormaux.



Dans la famille Whoniverse, après la maman, le tonton, la gamine et le mort-né, il manquait l'ado paumé (enfin, il y a aussi le fils aîné disparu dans d'obscures circonstances, mais je n'en ai pas encore parlé sur ce blog, donc...). Cette fois aux commandes, c'est Patrick Ness, auteur pour la jeunesse et les jeunes adultes, à qui l'on doit notamment Tip of the Tongue, la nouvelle consacrée au cinquième Docteur dans le recueil publié à l'occasion des 50 ans de la série. Si sa contribution est celle que j'avais le moins aimée sur les 12, c'est parce qu'elle ne mettait pas assez en valeur le Seigneur du Temps et ses compagnons, ce qui selon moi est un défaut quand cela était précisément le but du recueil. En revanche, la force de cette nouvelle résidait dans les nouveaux personnages qui étaient intéressants et bien campés. Ce qui augure bien dans le cadre d'un spin-off où justement le Docteur doit se faire discret tout en laissant au minimum l'impression qu'il existe dans cet univers.

Class est  une série diffusée sur BBC3, comptant à ce jour une saison de huit épisodes, et visant donc un public adolescent. Plus trash que Doctor Who mais moins que Torchwood, elle a pour protagonistes principaux une bande de lycéens découvrant que leur école est le théâtre d'évènements surnaturels et qu'il est vraiment sensé de se méfier des profs de maths. Comme toujours avec un spin-off, la première question est de voir s'il arrive à se constituer une identité propre tout en gardant une filiation visible avec sa série-mère. Après cette saison, cet aspect me semble réussi.  On retrouve un état d'esprit similaire et on croise quelques éléments qui en sont issus (dont un tout à la fin que je ne spoilerai pas, mais pour ceux qui ne connaissent pas DW, ça doit être bien énigmatique). Le Docteur lui-même (Twelve plus précisément) fait une courte apparition en fin du premier épisode, et j'ai trouvé son introduction quoi qu'un peu brusque très intéressante. À titre de comparaison : dans Torchwood il était une arlésienne ne servant quasiment qu'à combler quelques unes des nombreuses interrogations quant à l'existence tarabiscotée de Jack Harkness, mais n'apparaîtra jamais. Dans Sarah Jane Adventures, il apparaît par deux fois dans un double-épisode en tant que fanservice ambulant : dès qu'il débarque, il fait son show et la série devient la sienne. J'ai trouvé son traitement dans Class plus original : certes il débarque en fin d'épisode et on s'attend à ce qu'il soit le grand sauveur comme à son habitude, mais en vrai, ce n'est pas lui qui règle entièrement le problème, et il finit par filer après avoir dit aux vrais héros de la série que c'était à eux de gérer la situation dorénavant, tel un maître de jeux venu uniquement pour expliquer les règles aux joueurs.

Même le générique d'ouverture, qui paraît complètement déplacé dans le whoniverse, finit par devenir logique (et un earworm au bout d'un moment).  Class développe en effet sa propre ambiance et sa propre tonalité. On en nous épargnera ni les séquences gores, ni les chocs émotionnels et horrifiques, cependant sans le côté racoleur et parfois franchement immature qu'on trouvait dans Torchwood.


Yummy yummy!

Côté personnages, tout semble bien classique à première vue : la petite blanche gentille bien comme il faut, le sportif beau ténébreux, la surdouée qui a sauté des classes, le blondinet qui est en fait un prince alien et son petit ami dont la prononciation du prénom est sujet à débat...Matéus? Mathious? Ils se révèlent tous attachants (bien qu'April y ait mis plus de temps que les autres avec son air trop lisse) et trimballent tous un fardeau psychologique plus ou moins handicapant (et ça ne va pas s'arranger avec le temps). Petite mention à Tanya qui est à la fois racisée, de sexe féminin et surdouée, trois éléments de plus en plus représentés seuls dans le paysage audiovisuel, mais qu'il est suffisamment rare de voir combinés dans un seul personnage pour que ça mérite d'être relevé. En même temps, dans la série-mère, on a un couple lesbien inter-espèces (d'ailleurs à ce propos, Moffat, c'est quand que tu nous ponds un spin-off sur le Paternoster Gang?) et des personnages qui peuvent changer de sexe en se régénérant...



Notons également que le rôle de l'alien infiltré parmi les humains et par conséquent source de fascination pour ces derniers, schéma récurrent dans les séries du Whoniverse (okay, ni Jack Harkness ni Luke Smith ne sont des aliens à proprement parler, mais vous aurez saisi le concept) est cette fois réparti entre deux personnages : Charlie, le fameux prince rodhian ayant échappé à la guerre et survivant de sa civilisation, et Miss Quill (de son vrai nom Andra'ath) survivante du peuple ennemi se faisant passer pour un professeur de mathématiques à Coal Hill. Ce n'est pas la première fois qu'on nous fait le coup de l'adulte responsable du groupe de héros adolescents (Giles dans Buffy pour ne citer que lui).  Mais Quill a ceci de particulier qu'elle n'est en rien bienveillante envers ceux qu'elle semble être désignée pour protéger. Y compris Charlie. Surtout Charlie. Leur lien n'est en aucun cas motivé par la sympathie mutuelle et l'entraide entre survivants, ils sont ennemis. Un parasite vivant dans le cerveau de Quill l'empêche d'utiliser une arme, de nuire à Charlie et la force à lui obéir. Ce dont le petit prince profite, faisant d'elle son esclave. Malgré tout, il faut croire que Quill s'est peu à peu attachée à la petite bande pour éprouver de la compassion et de l'empathie pour eux, elle qui est supposée être une machine à tuer sans émotion.



Pour ce qui est du scénario, on a droit à pas mal de freaks of the week dans un premier temps avec pour fil rouge un méchant récurrent, le Shadowkin, antagoniste plutôt manichéen et pas original pour une cawette. Cependant, tout semble parti pour être plus complexe et plus profond vers la fin de la saison, avec l'introduction des Governors, une mystérieuse organisation, et l'excellent épisode Detained qui marque un tournant dans l'évolution psychologique des personnages.



On regrettera cependant une certaine lenteur dans la progression de l'intrigue principale, à trop vouloir poser les personnages. Il manque peut-être un petit je-ne-sais-quoi pour me convaincre totalement pour l'instant, mais c'est avec plaisir que je regarderai la suite.



Sommaire Whoniverse
Ecrit par Campanita, à 12:56 dans la rubrique "Critiques séries".
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Mardi (22/11/16)
Riquet à la houppe
--> cui cui


D'un côté, il y a Déodat, atrocement laid (et même bossu) mais brillant et obssédé passionné par les oiseaux. De l'autre, il y a Trémière, belle mais stupide (enfin, ça c'est qu'on dit) mais dotée d'un talent aussi rare qu'incroyable : celui d'exceller dans l'art de la contemplation. Deux destinées que tout oppose, développées en parallèle, et qui finiront par se rejoindre (seigneur, cette tournure est tellement galvaudée !).

Ah, qu'il était bon, ce Nothomb-là ! Même que je l'ai déjà relu une fois (alors que ma Pile à Lire est plus haute que jamais). Comme pour Barbe Bleue en 2012, Amélie-sama (oui oui, je continue à l'appeler comme ça, paskeuh!) revisite un conte de fée à sa sauce. Conte que je ne connais absolument pas, contrairement au précédent, je jugerai donc ce roman pour ce qu'il est en lui-même sans savoir ce que cette interprétation peut bien y apporter.

En commentaire, elle a expliqué que Riquet à la Houppe de Perrault est en quelque sorte une version « plus civilisée » de La Belle et la Bête :


« Dans La belle et la bête, à la fin, quand la princesse avoue son amour au prince et lui donne le baiser de l’amour, la bête se transforme en prince charmant. Et ça, c’est nul... la pauvre princesse est flouée: elle est tombée amoureuse d’un monstre et se retrouve avec un prince charmant. Dans Riquet à la houppe, la belle femme tombe amoureuse du monstre et il reste un monstre. Simplement, comme elle le voit avec les yeux de l’amour, il est transfiguré. Je trouve que c’est beaucoup mieux comme ça. C’est plus juste. »


J'ai envie de dire, c'est du classique. On retrouve les sempiternels ingrédients que l'écrivaine jette dans son chaudron d'année en année. Prénoms à coucher dehors: check. Mec super-moche: check. Meuf super-belle: check. Personnages allumés et hauts en couleur : check. Le mot « pneu » : check. Des personnes différentes, incomprises, rejetées, intimidées mais tirant partis de cette différence pour atteindre des objectifs spectaculaires : check. Une sublimation de l'enfance : check. Une narration mordante et des dialogues acidulés : check. Du champagne : glou...check ! Mais diantre, ça marche! C'est comme les spéculoos de ma mamie : chaque année elle fait les mêmes, chaque année je les attends parce qu'ils sont inégalables !
Ecrit par Campanita, à 16:47 dans la rubrique "Critiques bouquins".
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Mardi (25/10/16)
Mylène Farmer : Interstellaires
Il me faut le constater, mais les reviews musicales sont celles qui m'inspirent le moins. Ce qui explique ce retard éhonté. Peut-être parce qu'à peu près au moment où j'ai cessé de regarder la télé pour ne plus consommer de vidéos que sur Internet et au cinéma (sauf pour les premiere de Doctor Who, Ave BBC toute puissante...) j'ai également arrêté d'écouter la radio (bon, Classic 21 dans la voiture et au boulot, mais c'est tout). Résultat, je suis rarement à jour dans l'actualité musicale, et je me « force » de temps en temps à prendre des nouvelles des chanteurs ou groupes dont je suis fan depuis l'adolescence, et que je continue à suivre comme je continue à manger du Nutella tous les matins depuis 20 ans : par habitude, j'ai décrété un jour que j'aimais ça, je ne vais pas briser la routine, quoi !

Mylène n'y échappe pas. Je continue à acheter ses albums de manière mécanique. Je les écoute, et si je ne déteste jamais, ça n'est définitivement plus pareil que ma ferveur d'antan. Cela dit, j'avais trouvé
Monkey Me pas trop mal il y a trois ans, et aujourd'hui, je me dis que ce nouvel album, Interstellaires, est quand même 'achement mieux. Pourtant, je l'ai écouté en boucle pendant quelques semaines après sa sortie, et puis je suis passée à autre chose.
Pourtant, ce n'est pas comme si ça ne m'avait rien fait. Notamment, j'avais réalisé ce fan art du clip City of Love (qui est juste magnifique...le clip, pas le fan art!)


Les 13 morceaux compris sur Interstellaires n'ont pas été composées par Laurent Boutonnat, mais par Mylène Farmer herself, qui est toujours auteur des textes (et Martin Kierszenbaum, un compositeur et producteur américain que je ne connais pas, mais dont j'ai appris qu'il avait travaillé entre autres avec Lady Gaga, Tokio Hotel et t.A.T.u...je suis assez partagée, du coup).

Cet album est très agréable, c'est indéniable. À une exception près, Mylène ne part plus dans les aigus excessifs (ce que lui est généralement reproché même si c'est ce qui fait son charme) et sa voix est harmonieuse et apaisante. Le morceau d'ouverture, éponyme de l'album, m'a d'emblée emballée dans la mesure où il recréait bien l'ambiance intersidérale, sauce farmérienne, des images de nébuleuses et de vide de l'espace me venant naturellement à l'esprit en l'écoutant. Ce qui est dommage, c'est qu'il ne s'agissait que de l'ouverture, et le reste de l'album n'a pas continué sur cette voie lactée. Un peu comme si on avait découpé le prologue d'un livre pour le recoller dans un autre.

Notons également deux reprises : Stolen Car de Sting, qui est un duo avec ce dernier où Mylène chante en français. Et...sorry. je préfère la version Sting alone. Pas que cette nouvelle version soit mauvaise, juste tiède à mon goût (un comble quand on sait que Mylène n'aime pas ce qui est tiède, ce qu'elle nous répète encore une fois au cours de l'album). Mais c'est toujours mieux que l'autre reprise, Want You to Want Me  de Cheap Trick, qui ne me convainc juste pas.

De manière globale, cet album, c'est du Mylène mylénesque, on y retrouve tous les tics habituels de la chanteuse. Si d'un point de vue musical il est plus intimiste, planant et moins rythmé que l'accoutumée, au niveau des textes, ce sont encore les thèmes tellement sempiternels chez elle que j'ai la flemme d'encore les lister qui reviennent.

Et au passage un petit clin d’œil à Souchon:

« La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ! »


Ecrit par Campanita, à 17:52 dans la rubrique "Critiques musique".
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Mercredi (20/07/16)
Des écussons brodés
Pour parfaire mon cosplay d'Annie Leonardt, il me fallait un écusson des Brigades Spéciales. Je n'avais plus brodé depuis des siècles, mais c'est revenu assez vite.








En me voyant faire, Erwann, inénarrable neveu de huit ans de mon homme (un geek au stade de la pré évolution et une vraie graine de troll) était fasciné et aurait déclaré à ses parents vouloir apprendre la broderie suite à cela. Comme c'est un grand fan de comics en général et d'Avengers en particulier, je lui en ai fait un petit:



Ecrit par Campanita, à 16:02 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
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De retour de la Japon Expo 2016...
Le 10 juillet dernier en fin d'après-midi, le RER s'est vu particulièrement surchargé d'individus en sueur dans la chaleur parisienne et la moiteur de l'air confiné des wagons, conséquence directe de la confluence d'une part d'un ramassis de footeux s'en allant gaiement vibrer lors de la finale de l'Euro, et d'autre part d'un agglutinement de geeks-nerds-otakus en cosplay rentrant du dernier jour du dix-septième impact de la Japan Expo. Difficile de déterminer laquelle de ces deux sous-catégories de l'espèce humaine (si si, des tests génétiques l'ont prouvé!) offre la perspective la plus curieuse et étonnante (et ridicule diront certains) au regard des non-initiés. À vous de voir, vaut-il mieux:
- porter une perruque de Marouane Fellaini Ronald McDonald aux couleurs du drapeau, ce qui fait pire que la crinière de Rainbow Dash; ou se déguiser en Tingle ?
- s'extasier sur les exploits de vingt-deux gus en short jouant à la baballe; ou beugler de joie en mirant quatre types faire des smashs avec des princesses Nintendo ?
- massacrer son hymne national parce qu'on le connaît pas; ou massacrer un générique d'anime lors d'une séance de karaoke?

Je pourrais continuer longtemps avec ce genre de comparaisons, et si j'ai l'habitude de ne pas trop kiffer le foot (ou le sport en général, surtout sous forme de compétition médiatisée), force est de constater que les supporters sont semblables aux geeks sur bien des points. En particulier pour ce qui est du sentiment tribal, ce besoin qu'on éprouve d'appartenir à un groupe quelconque pour en faire une composante de notre identité et le revendiquer haut et fort.
Moi je suis une geek. Et c'est un motif de fierté, et là je ne fais que paraphraser Mad Dog.

Ça faisait un petit temps que je n'avais plus été à la JE de Paris (depuis 2011 en fait). Cette fois, c'était en couple et c'étaient nos seules vacances pour cet été (et comme on revenait des Ardentes à trois heures du mat' le même jour, c'était plutôt chaud). Récit de mes passionnantes aventures:

Bien entendu, j'étais en cosplay...




J'étais supposée ressembler à ça...


Pour quatre autres photos du massacre, c'est par ici.

J'ai encore acheté plein de trucs, comme des t-shirts, des posters, un badge, un CD, un jeu de cartes, un nœud pap' avec le TARDIS, des cadeaux pour la famille/les potes pas là et une épée pour aller dans la rue avec un manteau noir en hurlant: "I am the bastard of Winterfell and I know nothing !". Et l'air de rien, on a même pu assister à des activités à propos du Japon ne concernant ni les mangas ni les jeux vidéos (genre une dégustation de saké).



Au rayon des spectacles les plus attendus, il y avait évidemment la présentation de Link fait du camping tout seul LOZ: Breath of the Wild (responsable de la perte d'hectolitres de salive qui ont bien failli inonder les allées). Il aurait été illusoire d'espérer être un des rares élus à qui on a permis de jouer à la démo du bébé, mais en mater un s'amuser à faire chasser et cuire ses proies au barbecue à l'Hylien était déjà très plaisant.




Geronimoooo!!!!

Ce qui me fait parfois un effet étrange (et qui prouve que la JE est un rassemblement de geeks et pas seulement d'otakus), c'est que les personnes que je voulais rencontrer (et que j'ai rencontrées) étaient tous des Français (sauf un qui était belge comme moi) et que si ce qu'ils avaient à offrir tournait en partie autour du Japon, cela dépassait carrément ce cadre pour s'étendre à la culture pop et geek en général.

Tout d'abord, il y avait Lady Dandy (sans doute plus connue comme Docteur Pralinus), qui m'a sympathiquement dessiné une petite Annie avec écrit dessus que c'était rien que pour moi, na !

Ensuite (et notre emploi du temps dépendait grosso modo de leur programme d'activité): les Voxmakers.
Des gens dont j'apprécie énormément le travail et qui ont mis une ambiance de tous les diables sur la scène Ichigo. Faut dire qu'ils me feraient presqu'aimer Dora l'Exploratrice et qu'ils parviennent à faire headbanger leurs fans sur des musiques parlant de Pokémon. Et chez qui j'ai fait l'acquisition d'un poster dédicacé par tous, d'une compile d'Epic Pixle Battles, d'un jeu de Voxgarous (c'est comme les Loups-garous de Tiercelieu, mais avec l'Ermite Moderne qui a des tentacules...) et certains d'entre eux m'ont même fait des bisous (double dose de la part de Neku content de tomber sur des compatriotes) parce que je leur ai offert des amigurumis à leur effigie.


Whooops! La seule photo que j'aie faite avant de leur offrir, et je remarque que l'Ermite se planque derrière Mad Dog (ou alors il lui murmure quelque chose à l'oreille, mais quoi?) Notez également la présence de Kanipan, qui n'était pas là mais que je voulais faire quand même parce qu'elle a un look trop kawai (et donc je possède toujours la poupée).

Quelques cosplays trop classes (que j'ai pris en photo mais que je ne montre pas parce que...j'ai demandé l'autorisation à personne, même si je pense qu'en vrai ils seraient plus flattés qu'autre chose, voilà, ça se fait pas...): une Zelda dont j'aurais bien aimé être le Link, un trio Mario-Luigi-Waluigi, une TARDIS-girl et une Dalek-girl, un Robocop, deux Jedis en plein duel au sabre-laser *vwouiong zwiong* (j'essaie vraiment d'imiter le bruit) et des Ghosbusters qui avaient probablement démantelé deux voitures et trois tondeuses à gazon pour un effet très réussi.



Autres photos:


En pensant à un ami fan de Disney...


...pas de chocolat!


Ce moment où tu réalises que les graphismes de la N64 n'étaient pas loin d'un papercraft...






Et une petite avec Sasha pour la route...


Ça m'a réellement fait du bien de revenir là-bas après ces quelques années, malgré la touffeur quasi-insuportable, la foule qui rendrait n'importe qui agoraphobe et le gigantisme écrasant des lieux, c'est la grand messe et c'est c'est incontournable.



Ecrit par Campanita, à 14:38 dans la rubrique "Billets d'humeur".
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Cosplay Annie Leonardt
--> Il fait chaud comme dans un estomac de Titan...








Ecrit par Campanita, à 14:37 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
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Jeudi (10/03/16)
Amigurumi Ron
Ecrit par Campanita, à 14:54 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
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Lundi (29/02/16)
Et encore des amigurumi LOZ !


Bon celle-là vous la connaissiez déjà, mais j'ai ajouté une épée, un bouclier et une petite Cocotte.



Ma tsundere préférée, la princesse Ruto.


Et l'ombre du Héros...

Ecrit par Campanita, à 17:53 dans la rubrique "Mes autres modestes petites créations".
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Lundi (18/01/16)
La trilogie des gemmes : Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Émeraude
--> par Kerstin Gier



Je suis assez peu cliente de ce courant littéraire, assez populaire en ce moment, situé au croisement de la chick lit et du fantastique/SF pour ados, avec des fers de lance comme Twilight ou Hunger Games (les deux seules séries que j’ai lues soi-dit en passant, mais auxquelles je ne consacrerai pas d’article tant j’ai l’impression que tout le monde est passé avant moi et que je n’ai plus rien d’original à dire dessus). J’avoue de manière éhontée que je fais partie de ces gens qui craignent que ça se focalise un peu trop sur une romance cucul pour midinettes. Mais aussi, il y a tant de livres à lire et ma pile personnelle est tellement haute que je n’ai que peu de temps pour me décider à passer outre mes préjugés. En réalité, ce qui m’a décidée à me lancer dans Rouge Rubis, de l’Allemande Kerstin Gier, c’est une discussion avec une connaissance au sortir du cinéma (nous venions de voir le dernier Hunger Games justement). Je n’avais jamais entendu parler de cette série, qui même si elle a eu droit à une adaptation en films, reste relativement moins connue que les histoires de vampires qui brillent au soleil et les dystopies où l’on fait combattre des gosses dans des arènes. Ah, et ce coup-ci, ça parlait de voyages dans le temps, ce qui a tout de suite capté mon intérêt.

Je suis très gentille, car je vous ai mis les couvertures originales. Mais sachez que les livres que j’ai achetés sont ornés par des images des films. Ce que je déteste tout particulièrement et a manqué de me faire changer d’avis. Ça m’évoque les romans Harlequin, yeurk ! La présence d’un minet au physique bien lisse et au regard de beau ténébreux m’a fait soupirer de désespoir. Et c’était avant que je ne découvre à quel point le personnage en question était barbant. Mais j’anticipe.

Rouge Rubis et ses suites racontent les mésaventures de Gwendolyn Shepherd, une adolescente britannique a priori tout ce qu’il y a de plus normale sauf qu’évidemment que non, elle est spéciale et pas qu’un peu. Déjà, elle voit des fantômes et des démons, et sa grand-tante Maddy a des visions prémonitoires. Mais le gros morceau le voici : dans sa famille maternelle, les Montrose, circule un gène qui permet de voyager dans le temps, et qui se manifeste vers l’âge de 16 ans chez certaines femmes dont la date de naissance a été soigneusement calculée des siècles à l’avance. Chez les de Villiers, une autre famille, ce sont les hommes qui héritent de ce fameux gène. Les deux lignées s’étendent depuis le Moyen-Âge et rassemblent douze porteurs du gène, avec le sang desquels serait fabriquée la pierre philosophale selon une prophétie (ouaip, ça cause aussi un peu d’alchimie), laquelle serait une sorte de panacée. Chaque porteur du gène est assimilé à une pierre précieuse, un animal et un type de magie précis en plus du voyage dans le temps. Un membre de la lignée de Villiers vivant au 18eS nommé le comte de Saint-Germain, correspondant à l’Émeraude, cherche à récolter ces douze gouttes de sang dans un appareil de contrôle de voyage dans le temps appelé chronographe pour fabriquer cette fameuse pierre philosophale et guérir l’Humanité de tous ses maux (enfin, c’est ce qu’il dit). Il a pour cela fondé le Cercle des Veilleurs, qui est…à peu de choses près une secte.

Les savants calculs ayant prédit que la dernière porteuse du gène, correspondant au Rubis, était Charlotte Montrose la cousine de Gwendolyn, celle-ci a été entrainée depuis son plus jeune âge à remplir des missions à travers les époques par des cours intensifs d’histoire, de musique, d’escrime, de krav-maga, de menuet et j’en passe. Mais devinez quoi ? C’est en fait Gwendolyn et non Charlotte qui a hérité du gène par la manigance de sa mère qui voulait la protéger et a donc menti sur sa date de naissance. Après s’être fait copieusement arrosée du mépris de Charlotte (fâchée de n’être qu’une « Moldue ») et de la tante Glenda (qui était tellement fière d’avoir une fille spéciale, mais non il a fallu que sa sœur la double), Gwendolyn se voit contrainte de rejoindre la secte…pardon le Cercle, où tout le monde se refuse à lui dévoiler quoi que ce soit (parce que c’est top secret !!!), la rabaisse, la rabroue, la maintient dans l’ignorance, l’abreuve de réflexions condescendantes et misogynes, et l’envoie pour des missions dans le passé où elle manquera quasiment à chaque fois de se faire tuer dans l’un ou l’autre guet-apens.
Heureusement qu’elle a de son côté le gentil Mr Georges (un membre du cercle au rôle pas très bien défini) et Mme Rossini la costumière qui lui fait des tenues sur mesure pour chacune de ses missions. Et puis il y a Gideon.

Ah, Gideon. C’est lui, le minet barbant. Gideon de Villiers, porteur du gène et correspondant au Diamant, a été entraîné en même temps que Charlotte dont il est l’aîné de deux ans. Il est étudiant en médecine, joue du violon, parle latin et est le détenteur de formidables yeux verts. Dès cet instant, le lecteur comprend que Gwendolyn et lui sont destinés à finir ensemble même s’ils ne peuvent pas se saquer au début.
Dommage que la confiance mette tant de temps à s’installer entre ces deux-là car ils seront partenaires lors de ces fameuses missions dans le passé et qu’ils découvriront peu à peu que le complot les dépasse et recèle bien des mystères. Notamment, Lucy Montrose et Paul de Villiers, un autre couple de voyageurs dans le temps (respectivement Saphir et Tourmaline Noire) s’étant rebellés contre le comte de Saint-Germain qu’ils soupçonnent de magouiller des trucs pas très nets et en tous cas ses projets sont moins humanistes qu’il le prétend, et s’étant enfouis après avoir volé l’un des deux chronographes...

Je me rends compte que le scénario est suffisamment complexe pour me faire hésiter sur ce dont je dois parler ou non pour résumer de manière cohérente. Bien, au cas où vous auriez loupé mon petit logo River Song en début d’article, ça va spoiler grave sa mère !

Si je critique la trilogie dans son ensemble et non chaque tome séparément, c’est parce que ceux-ci s’enchaînent très vite et que le découpage ne fait pas sens. Pas plus que les titres, qui font référence à trois personnages ayant la même part dans les trois livres : Gwen le Rubis est la narratrice héroïne à travers des yeux de qui on voit tout, Saint-Germain l’Émeraude est le méchant dont les vrais plans sont à démasquer, et Lucy le Saphir, avec son cher Paul, sont des personnages mystérieux apparaissant très peu et qu’on dévoile de manière infinitésimale dans les prologues et épilogues (les seuls chapitres écrits en point de vue externe) sans jamais complètement tout révéler.
En outre, l’auteur a fait du bon travail en ce qui concerne la continuité et semble maîtriser la technique du fusil de Tchekov (peut-être pas autant que JK Rowling, mais en seulement trois tomes de 300 pages ça se défend). Ce qui est une bonne nouvelle quand le thème principal est le voyage dans le temps, sujet où les paradoxes sont foison (bien que ça ne soit pas parfait à ce niveau). Notamment, une scène du tome 1 où Gwendolyn se rencontre elle-même et ne comprend rien sur le coup n’est expliquée que dans le tome 3.

Aucun personnage ne m’a été insupportable, même si je trouve Gideon ennuyeux et certains personnages secondaires peu développés et caricaturaux. La tante Glenda et sa Charlotte ont un côté assez ridicule et forcé à se montrer aussi vindicatives, pédantes et jalouses, tout comme la grand-mère lady Arista est excessivement stricte et autoritaire (sans oublier son favoritisme de Glenda et Charlotte aux dépends du reste de la famille) mais ça reste crédible et pas trop chiant. En fait, c’était même assez drôle parfois.
Gwendolyn, en partant du stéréotype de l’ado maladroite qui renverse son plateau-repas sur elle et qui lit un peu trop de romans à l’eau de rose, se montre rapidement vive d’esprit et prompte à la répartie cinglante. Ce dont elle aura besoin, car presque tout le monde semble vouloir la mettre dans une case de petite oie inculte au cerveau pourri par la télé et nantie de deux mains gauches. Possédant l’intelligence de la rue, elle révèle que si elle ne connaît pas la dynastie du Royaume-Unis par cœur, elle peut être cultivée, même si sa culture n’est pas très académique, et qu’elle n’est pas non plus dépourvue de talents complémentaires avec ceux de Gideon, dont elle sauvera la vie plusieurs fois.
Malgré tout je lui préfère sa BFF Leslie Hay, un poil geekette, qui reste en dehors des moments d’action mais fait de précieuses recherches documentaires au point de remplir tout un classeur pour aider Gwen dans ses aventures. Les deux amies sont des cinéphiles avérées et fans de culture pop, à peu près chaque situation qu’elles vivent leur rappelle un film, un livre, une série,…Ce qui, en plus de rendre l’écriture très agréable, fun et djeun’s, leur permet de dédramatiser tout ce qui leur arrive et même d’y puiser des ressources pour rebondir. Avec quelques réflexions frôlant la métafiction au passage (elles donnent parfois l’impression d’être conscientes d’être des personnages de roman et font des commentaires ironiques…j’adore !). Les reste des lycéens est survolé, mais je mentionnerai néanmoins Cynthia Dale, qui dès les premières lignes nous est indiquée comme la Alpha Bitch du bahut, mais se révèle plus sympathique et dépasse ce cliché (un peu à la manière de Cordelia dans Buffy).

 Le Comte de Saint-Germain est donc le méchant de l’histoire, et je suppose que j’aurais pu le trouver charismatique dans son côté « perfide manipulateur suave qui lit dans les pensées » si son nom ne m’évoquait pas un légume (qui du reste est très bon en soupe).



Je n’ai pas grand-chose à dire sur les autres personnages (à part peut-être que Lucy et Paul sont assez intrigants) alors j’abrégerai mon tour des présentations avec le meilleur d’entre tous : le grand, le beau, le puissant Xemerius ! Xemerius est un petit démon que seule Gwendolyn peut voir, il ressemble à une gargouille à tête de chat et à ailes de chauve-souris, et il n’a pas sa langue dans sa poche (il n’a pas de poche non plus cela dit). Gwen l’ayant rencontré vers la fin du premier tome dans une église, il ne la quittera plus d’une semelle et fera des commentaires fichtrement drôles sur ce qui se passe. C’est à la fois le comic-relief et la mascotte mignonne bien que moyennement utile. Sauf qu’il est. Xemerius apportera une aide non négligeable à Gwen grâce à son don de passe-muraille. En plus d’être hilarant.

Le scénario part d’une excellente idée mais souffre des quelques faiblesses que j’ai du mal à occulter. De la même manière qu’on reproche à Stephenie Meyer d’avoir écrit sur les vampires et les loups-garous sans connaître leurs mythologies, on pourrait attendre Kerstin Gier au tournant en ce qui concerne les thèmes de l’alchimie et du voyage dans le temps.

Autant pour l’alchimie, c’est un sujet que je connais trop mal pour pouvoir juger comment il est traité en profondeur (pour moi, un alchimiste c’est un petit blond avec une tresse et des membres bioniques qui dessine des cercles de transmutation par terre, et Nicolas Flamel un mec qui apparaît dans les cartes de Chocogrenouilles). Cela dit Gier ne va pas non plus très loin dans ses explications. Pour le voyage dans le temps, je me défends plutôt bien, mais je pense que même sans ça j’aurais repéré les paradoxes flagrants qui semblent avoir totalement échappé à l’auteur.

Si le comte de Saint-Germain est mis au courant de ce qui se passe dans le présent via les infos apportées par les voyageurs ainsi que par lui-même qui a trouvé le moyen de devenir immortel et vit dans le présent sous une fausse identité, et que c’est comme ça qu’il a appris que Paul et Lucy avaient volé le premier chronographe, comment se fait-il que les personnages du présent soient étonnés quand ils le font alors qu’ils devraient être prévenus depuis deux siècles de ce vol ? Et Paul et Lucy qui soupçonnent assez vite que la pierre philosophale rend immortel au lieu de soigner tous les maux et que le comte veut se la garder par pure mégalomanie ne devraient-ils pas avoir deviné que dans l’éventualité où il aurait réussi il serait justement en train de se promener quelque part à leur époque et à celle de Gwen pour leur mettre des bâtons dans les roues et assurer ses arrières ?

Autre exemple, le cas de James, un fantôme nobliau que seule Gwen peut voir et qui hante son lycée, mort trop jeune à cause de la variole. Dans le tome 3, elle décide, Dieu seul sait pourquoi, de le sauver en remontant dans le passé pour lui injecter un vaccin. Effaçant par la même occasion la raison pour laquelle elle veut le sauver, puisque n’étant pas mort au même moment et au même endroit, il n’hantera pas le lycée et ne la rencontrera jamais…Le paradoxe du grand-père dans toute sa splendeur ! Mais non, Gwen revient dans le présent pour constater simplement que James n’hante plus le lycée, mais elle se souvient de lui. Et basta. Et puis, risquer l’intégrité de l’univers pour sauver un seul type (qui finira quand même par mourir un jour où l’autre), c’est juste le genre de bourde qui vaut de se faire virer hors du TARDIS avec le pied du Docteur au cul. D’autant plus que sauver James ne sert strictement à rien dans l’intrigue. Et tant qu’à jouer les bonnes samaritaines, elle n’aurait pas pu non plus empêcher le petit Robert White (encore un personnage tertiaire) de se noyer dans la piscine ?
Hem…on va dire que l’écriture de l’auteur est suffisamment efficace pour détourner notre attention de ces paradoxes. Mais ceux-ci seront vite repérés par quiconque a un tant soit peu l’habitude des poncifs et tropes du voyage dans le temps, voire de la SF en général.

Nous allons maintenant aborder le point le plus sensible. Dans tous les sens du terme. La romance entre Gwendolyn et Gideon, que tous auront vue venir à des milliards de parsecs. Après tout, le sous-titre commun aux trois livres est Liebe geht durch alle Zeiten, ce qui se traduit par
« l'amour survit à travers les âges » (enfin, comme j'étais dans la Team Espingouin, j'ai du mal avec l'allemand...). Si je ne suis pas une grande fan de romance et complètement allergique à la guimauve, j’apprécie volontiers qu’il y en ait un peu au milieu du schmilblik, car l’amour est un phénomène aux ressorts si complexes et en même temps si naturel qu’il s’agit d’un des meilleurs moyens pour rendre les personnages réalistes, attachants, proches de nous, humains.
Le problème que j’ai réside plutôt dans le fait que j’ai cette impression qu’une romance entre la jeune héroïne (à laquelle la jeune lectrice s’identifie) et le beau ténébreux mystérieux est un élément capital du cahier des charges pour une fiction destinée aux adolescentes et aux jeunes femmes. Que si on ne leur en sert pas, elles vont automatiquement détester et, n’ayant pas eu leur dose, dépérir telles de fragiles fleurs sous cloche. Voilà qui est vraiment peu flatteur et vraiment réducteur pour elles, ainsi que pour les femmes de tous âges ! De plus, il y a peu de diversité dans les modèles de romance proposés : peu de ces histoires prennent en compte des concepts comme le fait que le premier amour n’est pas forcément le bon, qu’on peut aussi être célibataire et être heureuse et épanouie, que le gars de tes rêves est peut-être une meuf, qu’un mec qui te méprise et te traite comme de la merde ne renforce pas son charme auprès de toi sauf si tu es masochiste et il faut alors que tu consultes, que la possession d’une schnek ne te condamne pas à l’intrigue romantique où tu finis dépendante d’un personnage masculin…

Ici, nous n'échapperons pas aux habituels clichés et poncifs du genre. Gwen et Gideon (que leurs fans surnomment
« les deux G » ) se connaissent à peine mais dès que leurs regards se croisent l'atmosphère devient électrique. Même s'ils ne peuvent pas se blairer au départ et que Gideon traite Gwen juste comme si elle était la dernière des merdes, elle ne pourra pas se le sortir de la tête et d'ici la fin des romans (ce qui dure environ deux semaines...on se moque d'Anna de la Reine des Neiges, mais là c'est pas mieux) ils seront les amants que rien ne peut séparer pour l'éternité ! Avec le passage aussi assommant que niais où Gwen découvre qu'en fait Gideon lui ment sur ses sentiments depuis le début (il l'a séduite pour mieux la manipuler, car selon le comte, les femmes sont de véritables pantins quand elles sont amoureuses) sauf qu'en fait il est vraiment tombé amoureux d'elle en fin de compte, mais quand il l'avoue c'est à ce moment-là qu'elle découvre le pot-aux-roses et l'envoie péter pour aller pleurer son chagrin d'amour sur son oreiller et dans un coup de fil à Leslie....Je dois avouer que j'ai de nombreuses fois levé les yeux au ciel (ce qui n'est pas pratique quand on lit).

Néanmoins, cela aurait pu être bien pire, et il y a deux raisons qui m'ont empêchée de décrocher:

1) Ce n'est pas aussi mal fichu que dans Twilight. Oui, je sais, c'est facile de taper sur cette bouse intersidérale. Mais qu'y puis-je si elle constitue une compilation de tout ce qu'il ne faut pas faire dans l'écriture d'une romance ? Et devrait être enseignée dans les cursus littéraires à titre de contrexemple ? Comme le dit Michael J dans ses tops 10 (à regarder si vous aussi vous voulez vous moquer):
« Il est aussi populaire de comparer une mauvaise romance à Twilight qu'un connard à Hitler ! ». Voilà, c'est dit.

Dans Twilight, donc, tout tourne autour de la romance, au point de vampiriser (sans jeu de mots) le reste, y compris ce qui aurait pu être bon. Si Meyer a bafoué la mythologie des vampires et des loups-garous, au moins avait-elle l'occasion de créer sa propre mythologie et son univers ne manquait pas de potentiel. Et certains personnages secondaires n'étaient pas dépourvus d'intérêt. Mais, mais, mais...mais non, elle a négligé ce potentiel pour se focaliser sur Edward et Bella qui sont les deux personnages les plus ratés et agaçants, ainsi que sur leur histoire d'amuuuuuur suintante de pralinol (et véhiculant quelques messages malsains). Dans Rouge Rubis, la romance n'est pas une fin en soi même si elle trouve sa place au milieu du reste. Malgré le sous-titre et les quatrièmes de couvertures des tomes 2 et 3 qui tentent de nous faire croire que la vie de Gwen ne tourne qu'autour de son monolythique Gideon, on constate à la lecture qu'elle est tout aussi (voire plus) intéressée par résoudre les mystères qu'on lui cache. D'ailleurs, Gideon fait partie de ceux qui refusent de lui révéler quoi que ce soit parce que soi-disant elle est trop conne pour comprendre, mais à côté de ça, elle doit lui faire aveuglément confiance et lui obéir au doigt et à l’œil (grrr...). Ce qu'évidemment elle ne fait pas (yeeaaah!). Mieux: elle exprime clairement au travers de son rôle de narratrice à quel point Gideon constitue une gêne dans sa petite enquête perso, s'imposant à elle dans les moments les plus mal choisis. Comme quand elle veut rencontrer son grand-père dans le passé pour échanger des informations sur le complot en cours. Même si au final elle a passé un moment agréable avec son bellâtre, elle enrage quand même d'avoir manqué l'occase à cause de ses hormones incontrôlables. C'est en cela qu'elle se différencie de Bella: elle sait que son amourette est secondaire par rapport à l'intrigue, et s'en veut de se laisser emporter par ses sentiments naissants. Et n'hésite pas à répondre à Gideon quand celui-ci la traite mal (et pourtant, il ne fait pas le centième de ce qu'Edward fait de disuctablement moral).

2) L'écriture, qui sans briser le quatrième mur le frôle quand même assez bien, aide franchement à faire passer la pilule. Gier doit être consciente du côté niais de ce versant de l'histoire, car elle ne cesse de souligner cette niaiserie. Elle a beau nous sortir des métaphores sirupeuses à coup de cœur en pâte d'amande, elle pointe du doigt la nunucherie de la chose. Gwen elle-même reste lucide sur cet aspect, mais ceux qui tapent sur le clou sont Leslie et Xemerius (s'ils n'étaient pas déjà mes personnages préférés, ils le deviendraient rien que pour ça). La première est prête à secouer sa besta comme un prunier pour la rappeler à l'ordre, et peut sortir des phrases dans le genre de :
« Oh! Tu vas quand même pas nous mettre en stand-by le scénario palpitant avec les sectes et les voyages dans le temps tout ça à cause d'un love interest à la con et d'un malentendu vu cent fois dans les productions hollywoodiennes? Allez, du nerf, t'as du taf à faire, là ! ». Quant au second, il sera tout bonnement le porte-parole du lecteur soûlé par cette romance et fera moult commentaires sarcastiques pour le signifier. À chaque fois que vous aurez envie d'entrer dans le roman pour traiter Gideon de pauvre type et Gwen de petite pleurnicheuse, ne vous donnez pas cette peine, Xemerius s'en chargera pour vous !

Malgré tout, je reste plus attirée par le couple Paul/Lucy, plus discret et peu développé, mais justement parce qu'on les montre directement ensemble et qu'on voit dès les premières lignes qu'ils sont en parfaite harmonie, qu'ils blaguent ensemble, et vivent des tas d'aventures dans lesquelles on aimerait les accompagner. Pas de prises de tête s'étalant sur plusieurs tomes.


Très sincèrement, j'ai pensé tout au long de ma lecture que cette trilogie était pas mal du tout, que malgré les quelques paradoxes temporels mal gérés et la romance parfois niaise dans l'ensemble ça restait une bonne histoire avec un style agréable.

Jusqu'à ce que je lise la fin.

Sérieusement, si ce n'était pas une attitude à la limite de la criminalité que de traiter un livre  de cette façon, j'arracherais les pages du dernier tiers du tome 3 pour écrire un autre dénouement de mon cru.Cette fin est une immense déception!



ATTENTION ZONE PARTICULIÈREMENT INFESTÉE DE SPOILERS





On découvre que la magie du corbeau, à savoir le pouvoir spécifique de Gwendolyn, n'est pas de voir les esprits et les démons comme cela semblait évident depuis le début, mais qu'elle est tout simplement immortelle ! Et l'immortalité est justement ce que le comte de Petit-Pois cherche à obtenir avec la pierre philosophale fabriquée à partir du sang dans le chronographe. Et il y parvient au 18e S. Mais, selon la prophétie, cette immortalité prendra fin dès la naissance du Rubis, à moins qu'il ne tue celui-ci. Donc, Saint-Germain doit buter Gwen s'il veut continuer à faire son Voldemort. Sauf qu'elle est immortelle aussi alors, c'est un peu un problème. À moins que, comme l'indique également la prophétie, elle décide de mourir d'elle-même. Ainsi, le gros complot du comte depuis le début, c'est que Gideon et sa gueule d'amour séduisent cette naïve ado droguée au mythe du prince charmant comme elles le sont toutes (parce que les femmes sont des êtres stupides, et tellement manipulables quand elles sont amoureuses), comme ça après, le comte n'a plus qu'à descendre le bellâtre pour pousser sa dulcinée au suicide (et voilà, encore une référence à Roméo et Juliette ! Que c'est original !). Heureusement, grâce une facilité scénaristique (qui n'est pas non plus sortie de nulle part, on ne peut donc pas parler de deus ex machina), Gideon devient lui aussi immortel (s'il existe un deuxième chronographe, c'est qu'on peut s'en servir pour obtenir une deuxième pierre philosophale). Quand le comte croit avoir gagné, bim! coup de théâtre: Gideon n'est pas mort, lui et Gwen vont vivre ensemble pour l'éternité et le méchant est expédié dans les cachots du Cercle...

Donc, le plan du méchant, qui n'a de cesse de nous rappeler à quel point il est misogyne, repose en grande partie sur le manque d'intelligence qu'il prête aux femmes amoureuses...On s'attendrait à ce que Gwen lui démontre qu'il a tort, après tout perdre un être cher est une expérience que quasi tout le monde vit au moins une fois dans la vie et on ne se suicide pas pour autant. On aurait pu montrer que continuer à vivre après une perte était possible, et était même une preuve de force et de maturité. On aurait pu conclure sur une héroïne qui n'a pas besoin d'un homme pour se sentir accomplie. Mais non. À la place, on utilise une astuce pour que Gwen n'ait même pas à faire ce choix, puisque Gideon ne meurt pas. Et elle précise quand même après que dans le cas contraire elle aurait été malheureuse pour l'éternité car elle ne peut pas vivre sans ce gars qu'elle ne connaissait même pas il y a deux semaines, qui a passé environ 70% des romans à la traiter comme de la crotte et qui n'a rien d'intéressant à part la couleur de ses yeux et ses airs mystérieux...Pfiouuuu....Ça ruine à peu près tous les bons côtés que j'étais parvenue à trouver à ce couple malgré sa mièvrerie évidente.

Et puis, l'immortalité est plus une malédiction qu'un super-pouvoir, n'importe quelle œuvre intelligente traite cette problématique à un moment ou un autre. Gwen elle-même évoque brièvement quand elle découvre sa particularité qu'elle n'a pas envie de voir tous les autres vieillir et mourir autour d'elle, mais dès qu'elle est partie pour partager l'éternité aux côtés de Gideon, perdre tous ses proches et amis ne la dérange plus.
Sans oublier que fabriquer une pierre philosophale, se la garder pour lui et être immortel faisait du comte de Saint-Germain cet être amoral qui manipulait les gens comme des pions à des fins égoïstes. Mais quand c'est Gideon qui en profite, ce n'est plus un défaut, c'est juste un truc trop cool qui lui arrive. Pourquoi ? Parce que c'est le gentil de l'histoire alors  les standards moraux sont déformés pour lui ?

Comme si ça ne suffisait pas, toutes les autres sous-intrigues s'arrangent pour nous offrir un happy end forcé. Glenda et Charlotte sont humiliées parce que personne ne les aime, James est sauvé parce qu'il a la chance que l'héroïne l'ait pris en affection...Même le fantôme fanatique qui harcelait Gwen en la traitant de démon finit bouffé par Xemerius.

Sinon, pour ce qui est des autres défauts plus généraux, je citerai les prémonitions de la tante Maddy qui sont tellement peu subtiles que je ne comprends pas comment les personnages ne déduisent pas avec grande facilité leur signification. Genre, Gwendolyn sur une horloge géante...évidemment que ça veut dire que c'est elle qui a le gène du voyage dans le temps ! Un œuf de saphir dont éclot un corbeau...évidemment que ça veut dire que Lucy est la vraie mère de Gwen ! Et le pire: un lion à crinière de diamant (l'animal et la pierre de Gideon) qui pousse un cœur de rubis dans une falaise pour qu'il explose en mille morceaux... Non, mais vraiment, comment ne pas deviner ce que ça veut dire, crénom didju...

Bon, je vais quand même admettre qu'il y a un truc que je n'avais pas vu venir, c'est la nouvelle identité du comte à l'époque de Gwendolyn, je n'avais vraiment pas deviné que c'était ce personnage-là qui avait ce secret...Mais je m'étonne qu'après plusieurs siècles à regarder la société évoluer, il n'ait pas revu certains de ses jugements, y compris sa vision des femmes.


ZONE SPOILERS TERMINÉE



En dehors de ça, ça n'était pas une lecture désagréable, même si la fin était en-dessous du reste et ruinait pas mal de constructions intéressantes qui avaient été amenées pourtant finement. J'ai aussi la nette impression que l'univers instauré par Kerstin Gier est beaucoup plus grand que ce que cette trilogie en laisse voir, et écrire d'autres romans à propos d'autres personnages et des quelques concepts à peine survolés (les principes alchimiques, la vie et les pouvoirs spécifiques des autres voyageurs...) serait une idée à exploiter.


 
 
Ecrit par Campanita, à 13:53 dans la rubrique "Critiques bouquins".
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